Incendie d'un centre de migrants dans l'Essonne : la piste criminelle privilégiée

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Un bâtiment qui devait accueillir 91 migrants au mois d'octobre a été incendié dans la nuit de lundi à mardi à Forges-les-Bains, dans l'Essonne. Un incident y avait déjà eu lieu il y a quelques jours. 

INFO EUROPE 1

Comment un bâtiment de Forges-les-Bains, destiné à accueillir 91 migrants au mois d'octobre, a-t-il pris feu dans la nuit de lundi à mardi ? Les premiers éléments de l'enquête ouverte par le parquet d'Evry pointent vers un "incendie volontaire", dans une ville où la mairie et une partie des habitants n'ont jamais caché leur hostilité au projet. 

Toute la toiture brûlée. Lundi soir, une réunion publique se tenait dans cette commune de l'Essonne. Après des discussions houleuses, une centaine d'opposants ont manifesté dans les rues, avant de repartir vers 23 heures, sans incident. Ils envisageaient simplement de créer une pétition. Mais à 2h30 du matin, la gendarmerie a été appelée sur place : le bâtiment, un ancien centre d'accueil pour enfants, était en flammes. Toute la toiture était déjà partie en fumée. 

Sentiment d'insécurité. Sur place, une partie des habitants avoue craindre des agressions. "Il y a de belles jeunes femmes ici, être dévisagé tous les jours par les mêmes personnes, ça n'est pas toujours évident", estime un résident. "Je ne dis pas que ce sont des gangsters, mais est-ce que toute la sécurité a été prise autour de ces gens-là, je ne suis pas sûr." D'autres pointent que la ville de 3.000 habitants n'est que peu desservie par les transports en commun et s'inquiètent que les occupants du centre n'aient rien à faire de la journée. "Les gens qui voient les images que les médias diffusent à Calais ou ailleurs, la question des migrants leur fait peur", ajoute un riverain. 

Réticences de la ville. Du côté de la mairie de Forges-les-Bains, le projet de centre ne passe pas non plus. C'est la ville de Paris, propriétaire du bâtiment, qui a décidé de loger les migrants dans cette ville avec l'accord des services de l'Etat. Après les 91 places prévues à l'ouverture, une centaine d'autres étaient en projet. Dans un communiqué, la maire de la commune assure qu'elle fera tout pour s'y opposer. 

D'autres éléments orientent les enquêteurs vers la piste d'un incendie volontaire :"il y avait déjà eu un incident quelques jours auparavant", explique le parquet. Les robinets du centre avaient été ouverts, ce qui avait provoqué une inondation partielle dans les lieux.