En Seine-Saint-Denis, on se rafraîchit avec des... bouches à incendie !

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En Seine-Saint-Denis, on se rafraîchit avec des... bouches à incendie !
Image d'illustration@ AFP
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En Seine-Saint-Denis, certains habitants ont détourné les bouches incendie de leur usage initial pour se rafraîchir du fait des fortes chaleurs. 

C'est devenu une nouvelle mode qui a contaminé tout un département, la Seine-Saint-Denis. A cause de la canicule, les habitants ouvrent régulièrement les bouches à incendie pour se rafraîchir. Les autorités tentent par divers moyens de contenir le phénomène. D'après les informations d'Europe 1, plus de 60 bouches à incendie ont été ouvertes dans le secteur depuis deux jours. Et un garçon d'une dizaine d'années a déjà été légèrement blessé à la tête jeudi après-midi à Bobigny, éjecté par le violent jet de la borne sur laquelle il était assis. 

A Bobigny, on se sent démunis. Une vingtaine de jeunes est rassemblée sur le trottoir. Au pied des immeubles, il fait 38 degrés à l'ombre. Mais tous pataugent dans l'eau de la bouche à incendie, pour le plus grand bonheur des petits. "Les grands ont décidé d'ouvrir l'eau, comme ça on s'amuse parce qu'il n'y a pas de jeux pour les enfants", confie l'un d'eux à Europe 1.

La municipalité, elle, s'amuse beaucoup moins. Abdeslam Berrouane, le chef du cabinet du maire, ne sait plus tellement quoi faire : "lorsque l'on envoie nos médiateurs, ils sont jetés à l'eau. On leur dit : 'vous voyez bien qu'il y a un réel danger' mais ils ne veulent rien entendre". "Il y a un agent de Veolia qui a fait demi-tour", ajoute-t-il, "parce qu'il avait un attroupement d'une quarantaine de personnes. Or, on sait très bien que s'il vient et s'il coupe l'eau, ils vont s'en prendre à lui". En attendant de régler le problème, la mairie a décider de faire circuler un bus pour emmener les jeunes à la piscine. 

A Aubervilliers, c'est piscine. A Aubervilliers, des photos circulent sur Twitter montrant les habitants remplissant une piscine avec l'eau des bouches à incendie. Et d'après une source policière interrogée par l'AFP, "les pompiers ne savent plus où donner de la tête" et ont demandé aux maires d'intervenir, évoquant des risques pour la sécurité des riverains, notamment si l'eau atteint des équipements électriques, caténaires ou autres. 



A Pantin, le maire prend un arrêté. A Pantin, la municipalité a, elle, décidé d'agir sans que l'on sache si cela sera vraiment efficace. Le maire de la ville a pris un arrêté municipal interdisant l'ouverture des bouches à incendie. Pascal Beaudet appelle ainsi les habitants au "civisme", énumérant les "conséquences de ces importants geysers d'eau sur la voie publique" : "inondations, coupure d'eau dans les appartements, circulation impossible des voitures et bus" mais aussi des "risques d'électrocution, accidents suite à la présence d'enfants sur la route, manque d'eau en cas d'un grave incendie".