Agressée en maillot de bain : "aucun élément à caractère religieux"

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Agressée en maillot de bain : "aucun élément à caractère religieux"
IMAGE D'ILLUSTRATION @ JEAN AYISSI / AFP
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REIMS - Une jeune fille de 21 ans a été victime d'une agression mercredi en plein après-midi à Reims, rapporte L'Union.

Une jeune fille de 21 ans a été victime d'une agression, mercredi en plein après-midi, dans un parc de Reims, dans la Marne. A l'origine de l'altercation, la présence de personnes bronzant en maillot de bain.

Une remarque qui passe mal. "C'est une altercation entre jeunes filles qui dégénère après qu'une des auteures de l'agression a dit (à des personnes qui prenaient le soleil en maillot de bain, ndlr.) : 'Allez vous rhabiller, ce n'est pas l'été'", a expliqué une commissaire de permanence. "Une des femmes ainsi interpellée ne s'est pas laissée faire et cela a dégénéré en violences", a-t-elle précisé. 

"Des témoins portent secours à la victime et alertent les pompiers qui doivent l’évacuer au CHU. Bilan du passage à tabac : quatre jours d’incapacité totale de travail", poursuit le journal L'Union, le premier à sortir l'information. Depuis, toutes les filles soupçonnées de l'agression ont été identifiées par la brigade de répression des violences. Les cinq agresseuses présumées, dont deux mineures, ont été déférées au parquet de Reims.

"Aucun caractère religieux". "Aussi bien dans les déclarations de la victime que des mises en cause, aucun élément à caractère religieux ou moral n'est évoqué pour expliquer l'agression", a souligné la commissaire. Arnaud Robinet, le maire de Reims, a également indiqué au journal local que la victime a "confirmé cette agression mais pas l'aspect religieux". "Si tel avait été le cas, ce serait très grave", a insisté l'édile, qui rappelle son "attachement à la laïcité et au vivre ensemble". Arnaud Robinet a déclaré "condamner fermement cet acte" et précisé que les cinq agresseuses présumées "ont été remises à la justice".

"Tous ces commentaires racistes..." Buzzfeed publie par ailleurs ce qui est présenté comme la version des faits de l'une des filles mises en examen. "J'ai juste dit à ma copine que si c'était moi, je n'oserais pas me mettre dans cette tenue. Mais j'ai dit ça car je suis complexée, absolument pas pour des questions religieuses ou morales. Lorsque l'une des trois filles m'a entendu parler, elle m'a interpellé pour me dire qu''avec mon physique, elle comprenait que je n'ose pas me mettre en maillot'. Elle a également dit que j'étais grosse. Je suis allée vers elle pour lui donner une gifle, puis elle s'est battue avec mon amie", explique "Anna" (le prénom a été modifié), qui assure désormais se sentir discriminée : "depuis qu’ils ont laissé entendre que notre motif était religieux, c’est horrible. Ma famille ne veut plus me parler. Je dois dormir chez ma tante là. Je lis tous ces commentaires racistes sur nous. Franchement, nous sommes faibles, moi je suis faible, j’ai des idées noires".