Djihad : contre la radicalisation, des parents témoignent

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Djihad : contre la radicalisation, des parents témoignent
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VIDÉO - Leurs fils, leurs filles, parfois encore mineurs, ont quitté la France pour la Syrie et le djihad. Ces parents témoignent afin de sensibiliser face à ce phénomène d'embrigadement.

Ils seraient 134 ressortissants Français morts en Syrie. Face au fléau des départs de jeunes français pour le djihad, une campagne vidéo démarre mercredi afin de sensibiliser à cette question. Il s'agit de quatre courts témoignages de parents dont les filles et les garçons ont quitté la maison du jour au lendemain.

Des témoignages bruts, en gros plan. Ce sont quatre témoignages qui se suffisent à eux-mêmes. Les visages sont en gros plan, il n'y a pas de mise en scène : juste la force des mots. "Le départ de Cléa s'est produit lors d'une belle journée. Elle a pris un sac à dos, une écharpe. Et depuis ce jour-là, Cléa a disparu. On a rien vu", témoigne ainsi Baptiste dont la fille s'est "évaporée" avant ses 17 ans.


Stop Djihadisme : le témoignage de Baptiste...par Ministere_interieur

Cléa est partie avec son petit-ami, un jeune de banlieue parisienne qui est depuis apparu dans une vidéo de propagande de l'organisation djihadiste Etat islamique (EI).

Véronique, la voix empreinte d'émotion, se souvient, elle, de son fils avec force. "Notre fils vivait dans un univers plutôt privilégié. Il aimait la musique, il aimait le sport, il faisait des sketchs…. Et il est (aujourd'hui) en Syrie", regrette-t-elle. Une voix vient clore ce clip : "vous êtes touchés par la guerre, vous n'êtes plus seuls". Un numéro vert s'affiche alors à l"écran : le 0 800 00 56 96, celui de la plateforme d'écoute, de conseil et de signalement mis en place par le ministère de l'Intérieur à l'intention des parents touchés par le phénomène.


Stop Djihadisme : le témoignage de Véronique...par Ministere_interieur

"Ils sont tous différents, cela touche tout le monde". Ces quatre clips rapportent notamment les témoignages de parents de deux jeunes convertis. Ce n'est pas un hasard. Un signalement sur deux rapportés au numéro vert concerne un converti. C'est le cas du fils de Véronique, Quentin, 22 ans à l'heure de son départ.

Elle explique au micro d'Europe 1 les raisons qui l'ont poussée à se livrer ainsi dans le cadre de cette campagne. "D'abord parce que cela me fait du bien. Et que je veux lancer un cri d'amour à mon fils, même si je lui dis tous les jours sur What's app. C'est pour lui dire : 'on t'aime, ta place n'est pas là-bas mais ici. Vois comme l'on souffre'", raconte-t-elle. "Et puis pour changer le regard de la société sur le djihadisme", poursuit cette mère de famille. "Tous les gamins qui partent là-bas sont différents. On avait l'impression que c'était un épiphénomène. Eh bien non : cela peut être votre voisin, votre cousin… Cela touche tout le monde", conclut-elle.

Un appel à la  "vigilance" face à des petits signes de radicalisation qui semblent anodins et passent souvent inaperçus. Le simple fait qu'une ado arrête de se maquiller, ou qu'un garçon ne salue plus les femmes. Une campagne pour sensibiliser et ne pas attendre qu'il soit trop tard.