Des milliers de policiers en colère sous les fenêtres de Taubira

  • A
  • A
Des milliers de policiers en colère sous les fenêtres de Taubira
@ AFP
Partagez sur :

La place Vendôme va accueillir une manifestation rarissime de policiers devant le ministère de la Justice. Des fonctionnaires qui viennent crier leur ras-le-bol. 

Ce sera l'image forte du jour. Un rassemblement est prévu mercredi midi à l'appel de tous les syndicats de police sous les fenêtres même de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Gardiens de la paix, officiers et même commissaires vont crier leur mécontentement notamment contre les permissions accordées à certains détenus.

Une polémique qui fait suite à la fusillade survenue à Saint-Ouen, au cours de laquelle un détenu en cavale a blessé grièvement un policier. Cette manifestation, place Vendôme, est une première depuis plus de trente ans.

Robert Badinter hué en 1983. La dernière manifestation de cette ampleur s'était produite pendant le premier septennat de François Mitterrand, en 1983. C'était à l'occasion des obsèques de deux policiers tués à Paris par les terroristes d'Action Directe.

Juste après la cérémonie à la Préfecture de police de Paris, des centaines de policiers, infiltrés par l'extrême-droite, étaient partis manifester Place Vendôme pour huer le Garde des Sceaux de l'époque, Robert Badinter, et réclamer sa démission.

Les organisateurs veulent éviter tout débordement. Mercredi, on attend plusieurs milliers de fonctionnaires devant le ministère de la Justice. Combien exactement ? 5.000 à 7.000 personnes, d'après les syndicats. Officiellement, on n'en saura rien puisque comme à chaque manifestation policière, la Préfecture de police ne donnera aucun comptage.

Certains demanderont peut-être aussi la démission de Christiane Taubira. Même si ce n'est pas le mot d'ordre. C'est ce que craignent les organisateurs. Ils ont d'ailleurs prévu un gros service d'ordre : 200 personnes pour éviter toute infiltration d'extrémiste politique. La principale peur est celle d'assister à des dérapages racistes. La consigne est donc claire, prévient le patron d'un syndicat : "le premier qui fait un cri de singe ou qui lance une banane, on le dégage manu militari !".