Booba sur Charlie Hebdo : "T'as mal parlé, tu t'es fait plomber"

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Booba sur Charlie Hebdo : "T'as mal parlé, tu t'es fait plomber"
@ AFP
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Pour le rappeur qui évoque l'attentat dans son dernier opus, les journalistes de Charlie Hebdo ont joué avec le feu.

"Ai-je une gueule à m'appeler Charlie ? Réponds-moi franchement", chante Booba dans son nouvel album, "D.U.C.", sorti lundi et sur lequel on trouve un titre évoquant l'attentat contre Charlie Hebdo. Le rappeur, habitué des provocations, risque une fois de plus de faire polémique.

La provocation est noyée parmi d'autres insanités, parmi lesquelles : "Baisez-vos mères" ou "Mets-toi dans le cul ton Vélib". Mais le morceau qui a retenu l'attention des réseaux sociaux, est intitulé "Les meilleurs". Dans celui-ci, le rappeur de 38 ans donne son avis sur l'attentat ayant frappé l'hebdomadaire satirique, à travers une punchline remarquée : "Ai-je une gueule à m'appeler Charlie ? Réponds-moi franchement. T'as mal parlé, tu t'es fait plomber. C'est ça la rue, c'est ça les tranchées."

"Charlie Hebdo a pris des risques". Toutefois, le rappeur originaire de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, précise dans une interview accordée au Parisien qu'il ne cautionne pas un tel attentat. Mais, "quand tu t'attaques à une religion, tu sais que des extrémistes peuvent réagir ainsi", dit-il au quotidien, estimant que "Charlie Hebdo a pris des risques". Avant d'ajouter un peu plus loin : "Si tu me dis 'T'es qu'une merde', attends-toi à te prendre une tarte. Et là, ils ont dit 'Le Coran c'est de la merde'".

Face caméra dans la vidéo du Parisien, Booba déclare également au sujet du slogan "Je suis Charlie", apparu au lendemain de l'attentat : "Je comprends aussi bien les 'Je suis Charlie' que les 'Je ne suis pas Charlie.'" S'appuyant sur une analogie quelque peu surprenante, il étaye son propos : "Dans la vie, il faut assumer ses choix. Si tu habites en Australie au bord d'une plage infestée de requins blancs, [...] que tu le sais et que tu continues à te baigner tous les jours, le jour où tu te fais croquer par un requin blanc, il faut assumer."

La provocation comme fonds de commerce. Il faut dire que celui qui se nomme en réalité Elie Yaffa, amateur de punchlines chocs et habitué des clashs, crée régulièrement la polémique. La provocation, c'est même son fonds de commerce depuis 20 ans. Grâce à cela, "le Duc de Boulogne" est l'un des plus gros vendeurs de disques en France, très prisé des ados et des branchés parisiens qui veulent s'encanailler. Ce mastodonte du rap français, qui possède une marque de vêtements streetwear, Ünkut, et vit à Miami, gagne plusieurs millions d'euros chaque année. "Je prends des millions, tu prends des selfies", cette autre phrase, tirée de son dernier album, résume bien le juteux commerce Booba.

Des propos qui ne passent pas. Suite au buzz créé autour de ces paroles, l'urgentiste et chroniqueur à Charlie Hebdo, Patrick Pelloux, a déclaré à l'antenne de Sud Radio que le rappeur "ferait mieux de chercher l'intelligence plutôt que de chercher à justifier les terroristes et de se mettre du côté de ceux qui ont tué des femmes, des enfants, des dessinateurs, des journalistes, des ouvriers, des musulmans, des juifs".

Le député et secrétaire général adjoint de l'UMP, Eric Ciotti, a, quant à lui, estimé mardi que les propos de Booba constituaient "une forme d'apologie du terrorisme" relevant d'une qualification pénale. Sur iTÉLÉ, il a qualifié ces mots d'"intolérables, indignes, honteux", avant de déclarer : "J'attends que le parquet de Paris engage des poursuites contre ce triste personnage". Sur la même chaîne, un autre député UMP, Thierry Solère, a regretté que ce garçon "qui a du talent", "vienne faire des clins d’œil et du marketing alors qu'il n'habite plus la France, pour qu'une clientèle le trouve sympa". Cet élu de Boulogne-Billancourt, la ville d'où est originaire Booba, a condamné les propos et "espère bien" qu'une enquête sera ouverte. Le maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a également abondé en ce sens, sur son compte Twitter.

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