Barrage de Sivens : une deuxième plainte bientôt déposée

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Barrage de Sivens : une deuxième plainte bientôt déposée
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INFO E1 - Après la plainte de la famille de Rémi Fraisse, tué lors d'affrontements avec la police, une plainte va être déposée par une manifestante qui accuse les forces de l'ordre de violence.

C'est l'affaire dans l'affaire. Après la plainte pour homicide déposée par la famille de Rémi Fraisse, à la suite de la mort de leur fils lors d'affrontements entre policiers et opposants au barrage de Sivens, une jeune manifestante a décidé elle aussi de porter plainte contre les forces de l'ordre, selon les informations d'Europe 1. Elsa Moulin, présente sur le site il y a une quinzaine de jours, va engager des poursuites pour violence. Le 7 octobre, elle s'est opposée à la saisie d'une caravane par les gendarmes. L'opération, qui a été filmée par l'un des manifestants, a dégénéré : une grenade a été lancée dans la caravane. Et la jeune femme a été blessée.

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"Vous êtes des déchets". "On a vu des gendarmes, venus saisir un camping-car, on a essayé de les empêcher en montant sur le camping-car, en rentrant à l'intérieur. Nous avons essuyé des insultes : 'vous êtes des déchets, on vous évacue'. Un gendarme a alors lancé une gaz lacrymogène sur la caravane", se souvient-elle au micro d'Europe 1. Les opposants, au nombre de quatre, se réfugient alors dans la caravane. Comme le veut l'usage, les gendarmes ont sommé les opposants de quitter la caravane. Face à leur refus, ils les ont intimidé avec un engin explosif.

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Voici la vidéo des événements :

Une grenade utilisée abusivement ? "Le gendarme en question nous a dit : 'je vous laisse une dernière chance pour sortir, je compte jusqu'à trois'. Et il a jeté un objet à l'intérieur de la caravane. Tout est allé très vite. La grenade de désencerclement est tombé à tout juste un mètre de moi. Pensant que c'était seulement une gaz lacrymogène, j'ai voulu la rejeter à l'extérieur. C'est à ce moment là qu'elle a explosé dans ma main. Donc nous avons dû évacuer la caravane en urgence. Et j'ai été blessée", raconte la jeune femme.

Sur la vidéo, on voit une jeune fille secouer la main, comme si elle était engourdie, mais la blessure semble toutefois sans gravité. Difficile par ailleurs de savoir s'il s'agit bien d'une grenade de désencerclement, également appelée grenade assourdissante. La détonation semble en effet de faible amplitude. Les grenades de désencerclement, qui projettent des fragments en caoutchouc, sont généralement utilisées par les forces de l'ordre pour repousser les manifestants en cas de danger. Mais leur utilisation est réglementée : elles doivent être lancées en l'air pour exploser dans le ciel et ainsi disperser la foule sans risquer de blesser les manifestants.

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"Contre un barrage, pas contre les forces de l'ordre". La manifestante, qui était simplement venue protester contre projet de barrage-réservoir de 1,5 million de m3 d'eau stockée, déplore l'ambiance tendue avec les forces de l'ordre. Et de conclure : "Nous nous battons contre un barrage, pas contre les forces de l'ordre, on est en colère et on essaie de continuer à résister."

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