Attentat de Nice : La chef de la vidéosurveillance accuse le ministère de l'Intérieur de harcèlement

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Attentat de Nice : La chef de la vidéosurveillance accuse le ministère de l'Intérieur de harcèlement
@ VALERY HACHE / AFP
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Dans le JDD, la chef du Centre de supervision urbain explique qu'elle a subi des pressions du cabinet du ministère de l'Intérieur après le 14 juillet. 

Elle était en poste le soir du drame. Le 14 juillet, la chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice a vécu en direct l'attentat qui a fait 84 morts sur la Promenade des Anglais. Aux commandes de la vidéosurveillance, Sarah Bertin se dit "sidérée par les accusations sur notre travail, sur le fait que nous ne l'ayons [le camion] pas détecté en amont lors de ses repérages". Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, elle se confie également sur les pressions subies ces derniers jours. 

"C'était l'horreur". Le 14 juillet, après le feu d'artifice, un 19 tonnes s'engouffre à vive allure sur la Promenade des Anglais. "Je me rappellerai toute ma vie de cette heure là : 22h33. J'étais devant les écrans du CSU avec les équipes", raconte Sarah Bertin. "C'était l'horreur. J'ai vu le fauchage des passants sur la route du camion, mes collègues faire des massages cardiaques à des enfants", résume sobrement la chef du CSU. Une semaine plus tard, la sous-direction antiterroriste lui demande "l'effacement complet des enregistrements de vidéosurveillance" afin d'éviter les fuites. Une demande qu'elle ne comprend pas. 

Des pressions de Beauvau. "On nous a demandé, pour les besoins de l'enquête, d'extraire huit jours de bande sur 180 caméras. Et maintenant, il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public... Le CSU existe pourtant depuis six ans et il n'y a jamais eu la moindre fuite d'images de notre part", assure la policière. Elle affirme par ailleurs qu'elle a été "harcelée" par le cabinet du ministère de l'Intérieur. "On m'a ordonné de taper [dans son rapport] des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vu à l'écran ! J'ai répondu que je n'écrirais que ce que j'avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m'est pas apparue sur les vidéos". 

Elle défend ses équipes. Au volant de son camion, Mohamed Lahouaiej Bouhlel était venu deux fois en repérage sur la Promenade des Anglais. A ce propos, Sarah Bertin se dit "sidérée par les accusations sur notre travail, sur le fait que nous ne l'ayons pas détecté en amont lors de ses repérages". Ce soir-là, ajoute-t-elle, "le terroriste est neutralisé en une minute contre deux heures au Bataclan - je suis désolée pour la comparaison malheureuse". En fait, explique la policière, "le problème c'est qu'il n'est pas aberrant de voir un camion de 19 tonnes sur la promenade des Anglais. Tous les jours, ce type de poids lourd vient livrer les hôtels, approvisionner les plages."

"La relecture de nos bandes a par contre permis de voir où le camion était stationné après avoir été loué. Et du même coup, de trouver le domicile du tueur", observe la chef du CSU.