Saint-Étienne-du-Rouvray : le récit de l'attaque

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Saint-Étienne-du-Rouvray : le récit de l'attaque
@ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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RECIT - Mardi, deux terroristes ont pris plusieurs personnes en otage dans une église de l’agglomération rouennaise, en tuant une, avant d’être abattus.

Moins de deux semaines après l’attentat de Nice, la France doit faire face à un nouvel acte terroriste. Deux hommes ont pris en otage plusieurs personnes dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, dans l'agglomération de Rouen. Les deux assaillants ont rapidement été abattus par les forces de l’ordre mais ils ont eu le temps de faire un mort et un blessé grave. L'Etat islamique a revendiqué rapidement, mardi après-midi, cet attentat via son agence de presse officielle, Amaq. Retour sur le déroulé des événements.

À 9h25 : deux hommes armés entrent dans l’église
La messe quotidienne matinale est en cours lorsque deux hommes porteurs d'armes blanches s’introduisent par l'arrière de l'église. Six personnes se trouvent à l’intérieur du bâtiment à ce moment-là : le prêtre, trois religieuses et deux fidèles. Une des religieuses réussit à prendre immédiatement la fuite et à donner l’alerte. Les deux assaillants se retranchent alors avec cinq otages.

10h30 : les forces de l’ordre bouclent le quartier et donnent l’assaut
Grâce à l’alerte de la religieuse, les forces de l’ordre se déploient rapidement : les policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) locale et les policiers d'élite de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen arrivent sur place en quelques minutes et se déploient autour de l’église, avant de boucler le quartier.

"Les forces de l'ordre ont tenté d'entamer une négociation avec les terroristes à travers une petite porte latérale arrière donnant sur la sacristie. Les policiers ont tenté une incursion mais n'ont pas pu rentrer dans l'église car trois otages se trouvaient en position de rideau devant la porte", a détaillé le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse mardi soir. Peu après, trois otages - les deux religieuses et une paroissienne - sortent de l'église, suivis par les deux terroristes, porteurs pour l'un d'eux d'une arme de poing, qui se sont élancés "sur les forces de police aux cris d'Allah Akbar", a indiqué François Molins.

Les deux terroristes sont ensuite neutralisés par la BRI. "L'un d'eux a été trouvé porteur, sur le ventre, d'un faux engin explosif en papier aluminium et de trois couteaux. L'autre, qui tenait dans la main un minuteur de cuisine entouré de papier aluminium, a été retrouvé porteur d'un sac à dos à l'intérieur duquel se trouvait un faux engin explosif", a poursuivi le procureur. 

Les otages pris en charge dans la foulée
Une fois les lieux sécurisés par les forces de l’ordre, les secours interviennent pour évacuer les otages. Ils entrent dans l'église et découvrent alors le corps du prêtre, âgé de 84 ans, qui a été égorgé et touché au thorax par les assaillants. Un autre otage - un paroissien - est très grièvement blessé à la gorge. "Ses jours ne seraient pas en danger", a avancé François Molins. Les trois autres otages sont sains et saufs. 

Après l'attaque, l'onde de choc se répand très vite et une cellule psychologique est mise en place à la mairie, à destination des survivants et des familles, notamment celle du prêtre assassiné. 


L’enquête est en cours
Dans la matinée, la section antiterroriste du parquet de Paris a décidé de se saisir de cette attaque, revendiquée ensuite par Daech. Deux magistrats du parquet antiterroriste sont partis pour Rouen peu avant midi. L'enquête est confiée à la SDAT (la sous-direction anti-terroriste de la police judiciaire) et à la DGSI (les services de renseignement).

Dans le reste de la journée, les enquêteurs ont entendu des otages et effectué plusieurs perquisitions. L'un des deux auteurs de l'attaque a été identifié formellement mardi soir. Âgé de 19 ans, il est né à Mont-Saint-Aignan, en Seine-Maritime, était bien connu des services antiterroristes. Il avait tenté, à deux reprises, de rejoindre la Syrie en 2015. Le second est toujours en cours d'identification et des perquisitions étaient toujours en cours, a précisé le procureur mardi soir.

En fin de matinée, un mineur a aussi été placé en garde à vue. "Il s'agit du frère cadet d'un individu faisant l'objet d'un mandat d'arrêt pour être parti en Syrie le 20 mars 2015 avec les papiers d'identité" de l'un des deux assaillants, a indiqué François Molins.