Ajaccio : des manifestants saccagent une salle de prière musulmane

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Ajaccio : des manifestants saccagent une salle de prière musulmane
@ PIERRE-ANTOINE FOURNIL / AFP
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Des manifestants ont saccagé vendredi une salle de prière musulmane, et tenté de mettre le feu à des exemplaires du Coran. Plus tôt, dans la nuit de jeudi à vendredi, deux pompiers et un policier avaient été blessés après des échauffourées.

Salle de prière musulmane saccagée, corans partiellement brûlés, slogans anti-arabes: quelque 250 à 300 personnes ont envahi vendredi en fin de journée une cité populaire d'Ajaccio où deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées. La terrasse d'un restaurant kebab situé à proximité de la même cité a également été endommagé dans ces incidents qui ont pris fin vers 21H00.

"Les Arabes, dehors". Dans l'après-midi de vendredi, quelque 600 personnes se sont rassemblées dans le calme devant la préfecture à Ajaccio en signe de soutien à deux pompiers et un policier blessés après avoir été victimes d'un "guet-apens" - selon le sous-préfet François Lalanne - dans une cité populaire de la ville la nuit précédente. Parmi elles, 250 à 300 ont alors décidé de monter jusqu'aux Jardins de l'Empereur, une cité populaire sur les hauteurs de la ville, où ont eu lieu les échauffourées de la nuit précédente. Scandant pour certains "Arabi fora (les Arabes dehors, ndlr)!" ou "On est chez nous!", ils ont, dans une ambiance tendue, encadrés par des policiers déployés pour tenter de maintenir de calme, essayé d'identifier et de retrouver les auteurs de l'agression de la veille, dans une cité dont tous les habitants sont restés cloîtrés chez eux.



Le Premier ministre a immédiatement réagi sur son compte Twitter : "agression intolérable de pompiers, profanation inacceptable d'un lieu de prière musulman. Respect de la loi républicaine", a-t-il posté.



"Je ne peux que condamner avec force les auteurs de cette attaque". L'Observatoire national contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a quant à lui "condamné avec force" ces actes de vandalisme. "Je tiens à dénoncer cette agression qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens", puisque cette année Noël tombait juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet, a déclaré à Abdallah Zekri, président de cet observatoire. "C'est un moment qui aurait dû servir à la paix et à la fraternité entre toutes les confessions, je ne peux que condamner avec force les auteurs de cette attaque", a-t-il ajouté.

Selon lui, l'agression a eu lieu vendredi à 18H30 lorsque "des insulaires" ont "essayé d'incendier la salle de prière". Les agresseurs "ont démoli les rideaux métalliques, sont rentrés à l'intérieur" de la salle de prière et "ils ont pris les livres de prière et des Corans qu'ils ont tenté d'incendier".

Cazeneuve condamne. Bernard Cazeneuve a condamné vendredi soir l'agression des pompiers et policiers à Ajaccio, ainsi que le saccage du lieu de culte musulman, "exactions intolérables aux relents de racisme et de xénophobie". Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a souhaité que les auteurs de l'agression contre les sapeurs-pompiers et policiers soient "interpellés dans les meilleurs délais" et également que toute la lumière soit faite sur les dégradations commises dans une salle de prières musulmane, exactions qui "portent atteinte aux valeurs mêmes de la République".

Deux pompiers et un policier blessés plus tôt. Les incidents ont eu lieu à proximité d'une cité où deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées. Une batte de baseball, des clubs de golf ainsi qu'une bouteille d'acide avaient été saisis, mais aucune interpellation n'a pour le moment eu lieu.