Air cocaïne : "j'ai pris cette décision après le verdict", explique Pascal Fauret, le pilote évadé

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Air cocaïne :  "j'ai pris cette décision après le verdict", explique Pascal Fauret, le pilote évadé
@ Capture d'écran BFMTV
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Pascal Fauret s'est exprimé mardi pour la première fois depuis son arrivée en France. Les avocats des pilotes ont indiqué qu'ils refusaient de s'exprimer sur les conditions de "l'évasion" des deux hommes condamnés pour trafic de stupéfiants en République dominicaine.

C'est la première fois qu'il s'exprimait depuis son "évasion" rocambolesque : le pilote français Pascal Fauret, lourdement condamné en août dernier pour trafic de stupéfiants en République dominicaine, a expliqué mardi avoir voulu "retourner dans (son) pays" pour s'"exprimer devant la justice". Bruno Odos, le co-pilote également condamné dans ce dossier, était pour sa part absent et "resté chez lui". Tous deux sont arrivés sur sol français samedi dernier. 

Les avocats des deux hommes, Me Jean Reinhart, conseil "historique" des pilotes, et le "ténor" du barreau Me Eric Dupont-Moretti, ont indiqué qu'ils refusaient de s'exprimer sur les conditions cette "'évasion", qualifiant simplement cette fuite d'"initiative personnelle" et non d'une "équipée de barbouzards qui auraient été payés par l'Etat français".

>> MAJ, le 27/10/2015 à 19 heures : La République dominicaine a annoncé mardi son intention de lancer un mandat d'arrêt international contre les deux pilotes français. 

"Mon réflexe : rentrer dans mon pays". Pascal Fauret, s'est exprimé sur les raisons qui ont motivé ce coup d'éclat. "Cette décision je l’ai prise à titre personnel après le verdict du 15 août", a-t-il expliqué. "A partir du moment où l’on a affaire à une justice qui ne fait pas d’enquête, qui ne nous écoute pas, et qui nous condamne à 20 ans de prison pour la seule raison que l’on est Français et pas fils de bons chrétiens, mon réflexe, c’est de rentrer dans mon pays où je pourrais m'exprimer devant la justice", a-t-il poursuivi.

"Je n'ai pas encore touché terre. Il y a des épreuves à venir et je sais que ça va être long", a dit le pilote lors de cette première réaction depuis qu'il a regagné la France samedi dans des conditions rocambolesques. "Je suis rentré pour ça, cette affaire il faut qu'elle se termine. Cette affaire a commencé par surprise, contre mon gré, elle m'a pris toute ma vie", a confie Pascal Fauret.

"Ces deux hommes ne sont pas en fuite". "Je voudrais rappeler que  Victor Hugo a dit que si on lui reprochait un jour d’avoir volé les tours de Notre-Dame, il prendrait la fuite", a déclaré Me Dupont-Moretti en préambule. "(Les pilotes) ont eu raison de partir parce que cette procédure (de la justice dominicaine) est truffée de choses qui nous laissent envisager qu'elle n’est pas équitable", a ajouté le célèbre pénaliste selon qui, cette évasion "ne constitue absolument pas une infraction en France".

"Il est important que cette 'évasion' de cette justice singulière qu'est à nos yeux la justice dominicaine, se fasse au grand jour", a-t-il insisté. Cela "pour signifier au juge marseillais qui a en charge une partie de la procédure, que ces hommes ne sont pas en fuite, qu’ils sont à la disposition de la justice et qu’il suffit de leur donner une date pour que nous nous rendions à la convocation qui sera délivrée", a-t-il poursuivi. "Il n'est pas nécessaire de décerner le moindre mandat que ce soit. Il suffit qu'on nous appelle ou qu'on les appelle chez eux pour qu'ils se rendent à Marseille et répondent à toutes les questions du juge d'instruction" chargé de l'enquête française sur ce trafic de drogue, a-t-il encore ajouté.

Quel sentiment par rapport au sort des autres Français ?  Interrogé sur les conséquences de leur évasion sur les deux autres Français condamnés toujours retenus à Saint-Domingue, le pilote a estimé que "le fait que nous ne répondions plus aux contraintes de l'astreinte judiciaire en République dominicaine n'affecte en rien la conduite des deux autres". "Depuis le départ, a-t-il ajouté, on a été noyé dans la dénomination 'les quatre Français' mais ce n'était pas un vol de copains. J'ai été là dans le cadre de mon travail. A un moment donné, j'ai géré ma vie à moi", a-t-il expliqué.

Me Dupond-Moretti a demandé que cesse "le procès", qui est fait aux deux pilotes "d'une absence de solidarité". "Ils ont eu l'opportunité de s'évader, ils ont bien fait de le faire". "N'ajoutez pas de la culpabilité à une situation qui était déjà humainement très difficile", a-t-il précisé.