Agression antisémite d'un serrurier : "je me suis demandé si c'était un cauchemar"

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Europe 1 a recueilli le témoignage du serrurier agressé par trois lycéens qui le croyaient juif au mois de novembre.

DOCUMENT EUROPE 1

"Ils m'ont dit : 'on va te tuer si tu appelles la police'". Le serrurier agressé en novembre dernier à Paris par trois lycéens qui le croyaient juifs est encore sous le choc. Une semaine après l'arrestation de ses agresseurs présumés, il s'est confié à Europe 1.

Les faits remontent au mois de novembre quand trois lycéens décident pendant la récréation d'appeler un artisan du 11e arrondissement de Paris, dont le nom a une consonance juive. L'un d'eux demande un devis pour l'installation d'une porte blindée et programme un rendez-vous à une fausse adresse. Masqués, armés d'un couteau et d'une bombe lacrymogène, ils agressent la victime, un salarié de l'entreprise de serrurerie. 

"Ils m'ont roué de coup". "Ça a commencé par un appel à la promotion que mon patron avait effectué sur une radio de la communauté juive pour un devis", explique le serrurier. "Arrivé pour le devis, je les ai appelés. J'étais de dos. Ils sont alors venus et m'ont attaqué avec un coup de pied. Je suis tombé et ils m'ont mis un coup de bombe lacrymogène derrière la tête. J'ai été roué de coups et aspergé de bombe lacrymogène", détaille-t-il. "Je me suis demandé si c'était un cauchemar", poursuit-il.

"On va te tuer sale juif". "Quand j'étais au sol et une fois qu'ils pensaient avoir pris le dessus sur moi. Ils m'ont traité de 'sale juif', se souvient-il. Et les agresseurs ne se sont pas arrêtés là. "On va tuer ta femme. On sait où tu habites'" ont-ils lancé à leur victime. "Je me suis dit 'ils se sont trompés', mais s'ils ne s'étaient pas trompés, c'est mon patron qui aurait pris les coups", avance le serrurier. "Je n'ai pas eu le temps de leur dire 'je suis pas juif'. Pour la victime, la cible était claire : "C'était réellement visé contre les juifs. Ce sont des petits jeunes qui voulaient frapper un juif", estime-t-il. Et le serrurier de conclure : "Ça m'aurait peut-être aidé de dire que ce n'était pas moi, mais à quoi bon lorsque vous êtes en train de prendre des coups".