Affaire Grégory : le grand-oncle et la grand-tante mis en examen pour séquestration

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Affaire Grégory : le grand-oncle et la grand-tante mis en examen pour séquestration
@ Patrick HERTZOG / AFP
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Le couple a été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort dans l'affaire Grégory.

Coup de théâtre, 32 ans après la mort du petit Grégory : son grand-oncle et sa grand-tante, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, vendredi à Dijon, dans cette affaire, une des plus énigmatiques de l'histoire criminelle. Âgée de 72 ans, cette tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné en 1984, a quitté le Palais de justice de Dijon sous escorte de plusieurs gendarmes qui l'ont fait monter dans une voiture. Son époux Marcel Jacob, 71 ans, a lui aussi été placé en détention provisoire. Le couple avait été placé en garde à vue mercredi par les gendarmes, après son interpellation dans les Vosges. 

"Je n'ai jamais vu ça de ma vie". Le corps du petit Grégory avait été retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne. "En vingt ans d'exercice professionnel, je n'ai jamais vu ça de ma vie. Je pense qu'il y a un piège et qu'ils vont nous sortir de nouveaux éléments lundi. Je ne comprends pas", a déclaré l'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna à l'AFP. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont retrouvé des "notes" de Marcel Jacob où il affirme ne pas être le meurtrier de l'enfant. Le procureur général Jean-Jacques Bosc n'a ni confirmé, ni infirmé ces informations. Jeudi, lors d'une conférence de presse, il avait désigné Jacqueline Jacob comme un des corbeaux de l'affaire.

Une belle-soeur du père de Grégory, Ginette Villemin, avait aussi été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté jeudi. Les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins à leur domicile dans les Vosges.

Les deux membres du couple nient. Selon une source proche de l'enquête, Jacqueline Jacob est restée mutique en garde à vue et son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait de rien face aux gendarmes, qui tentent de percer le mystère en démêlant les haines qui déchiraient la famille. "Les deux mis en examen (ndlr: grand-oncle et grand-tante de la victime) ont nié en l'état toute participation aux faits reprochés", a déclaré Jean-Jacques Bosc, vendredi en conférence de presse.

Marcel Jacob et Michel Villemin, frère de Jean-Marie et défunt époux de Ginette, étaient très liés à Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire, tué en 1985 par Jean-Marie, son cousin qui le pensait coupable. Et c'est le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes. "Je ne suis pas venu aujourd'hui vous dire que l'affaire était résolue" et "je ne sais pas qui est l'auteur" du crime, avait admis jeudi Jean-Jacques Bosc, ajoutant qu'à ce stade, "les investigations montrent que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime".

Marcel Jacob soupçonné d'être "le corbeau". De nouvelles expertises sur une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 au père de Grégory, ont orienté les soupçons sur Jacqueline Jacob. Dans le passé, les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984. Si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, la justice constate "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983.

Marcel Jacob a déjà été soupçonné, durant la procédure, d'avoir endossé le rôle du "corbeau", d'autant que l'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre. La grand-mère, Monique Villemin, 85 ans aujourd'hui, serait quant à elle l'auteur d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis.