Affaire Bettencourt : dix prévenus jugés pour "abus de faiblesse"

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Affaire Bettencourt : dix prévenus jugés pour "abus de faiblesse"
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GALERIE DE PORTRAITS - Dix personnes sont jugées à partir de lundi et jusqu’au 27 février à Bordeaux dans le volet “abus de faiblesse” de l’affaire Bettencourt : qui sont-elles ? 

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Lundi débute à Bordeaux un procès qui défraye la chronique depuis de nombreuses années. Dix personnes seront jugées dans le cadre de ce que l’on a appelé “l’affaire Bettencourt” mais uniquement pour le volet “abus de faiblesse”. Au centre de ce dossier : Liliane Bettencourt, 92 ans,  fille du fondateur de L’Oréal et troisième fortune de France. Les juges devront répondre à cette question : a-t-elle été victime d’un entourage peu scrupuleux?

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Cet entourage se retrouve aujourd’hui sur les bancs des prévenus : qui sont-ils ? Que leur reproche-t-on ? Voici Le Cluedo, version Bettencourt : 

Le rappel des faits. A l'origine de ce feuilleton politico-financier hors normes, qui a secoué le mandat de Nicolas Sarkozy, des rivalités au sein de la famille Bettencourt, lesquelles éclatent au grand jour fin 2007: la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, en conflit avec sa mère, dépose plainte à l'encontre de François-Marie Banier, photographe et ami intime de la milliardaire.  

A l'appui de la plainte, des enregistrements de conversations, réalisés à l'insu de la milliardaire à son domicile par son majordome. Or ces écoutes-pirates, en partie divulguées dans la presse, révéleront d'autres faits donnant lieu à l'ouverture en cascade de plusieurs enquêtes.

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Les prévenus du volet “abus de faiblesse” : 

François-Marie Banier

© AFP

• François-Marie Banier, le mondain et l’ami intime. Cette figure du tout-Paris et photographe des stars est un ami de longue date de Liliane Bettencourt. Il était même devenu, au fils des années, son confident. Il est accusé par Françoise Bettencourt-Meyers d’avoir profité de la fragilité de sa mère. Une fragilité qui se serait traduite par des largesses, notamment sous forme de dons pécuniaires et œuvres d’art, se chiffrant en centaines de millions d’euros. Il est poursuivi pour abus de faiblesse et blanchiment. 

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• Martin d’Orgeval, le compagnon de François-Marie Banier. Pacsé à François-Marie Banier, Martin d'Orgeval fréquentait depuis de nombreuses années l’hôtel particulier de Liliane Bettencourt, selon un portrait réalisé par Paris Match en 2010. Il est poursuivi dans les mêmes termes que son compagnon puisqu’il aurait lui aussi profité des largesses de la milliardaire. 

Eric Woerth

© AFP

• Eric Woerth, l'ancien ministre.  L’ancien ministre du Budget et du Travail de Nicolas Sarkozy, qui a toujours nié ce qu’on lui reproche, a été renvoyé pour recel d’une somme d'argent que lui aurait remise Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Cette somme de 150.000 euros, selon les accusations de l’ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout, aurait servi au financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy. Le député sera aussi prévenu dans un deuxième procès Bettencourt qui se tiendra fin mars avec Patrice de Maistre. Ce dernier est soupçonné d’avoir fourni un travail à l’épouse d’Eric Woerth dans une société de Liliane Bettencourt en échange de la  Légion d’honneur. 

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Patrice de Maistre

© AFP

• Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune. L’ex-gestionnaire de fortune est soupçonné d’avoir profité de la vulnérabilité de la milliardaire. Poursuivi pour abus de faiblesse et blanchiment, il fera aussi l’objet d’un deuxième procès en mars avec Eric Woerth. 

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• L’avocat Pascal Wilhelm, le successeur de Patrice de Maistre. Poursuivi pour abus de faiblesse, l’avocat Pascal Wilhem, ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt, est lui aussi poursuivi pour abus de faiblesse. Il est accusé avec l’un de ses client, l’entrepreneur audiovisuel Stéphane Courbit, d’avoir poussé la milliardaire à investir 143 millions d’euros dans l’entreprise de ce dernier.

Stéphane Courbit

© AFP

• Stéphane Courbit, l’entrepreneur audiovisuel. En lien avec Pascal Wilhelm, Stéphane Courbit, poursuivi pour abus de faiblesse, est donc soupçonné d’avoir poussé Liliane Bettencourt à investir 143 millions d’euros dans sa société, LOV Group. Dans une interview au Monde, l’homme d'affaires avait assuré avoir rencontré la milliardaire deux fois pour parler de cet investissement mais sans lui parler directement d’argent. Il affirme aussi de ne pas s’être rendu compte de l’affaiblissement des capacités mentales de Liliane Bettencourt. 

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• Jean-Michel Normand, le premier notaire. Poursuivi pour complicité d’abus de faiblesse, maitre Normand aurait enregistré de nombreuses modifications du testament de l’héritière de L’Oréal et des dons au profit de François-Marie Banier. 

• Patrice Bonduelle,  le second notaire. Lui aussi poursuivi pour complicité d’abus de faiblesse, Patrice Bonduelle aurait pour sa part enregistré le placement de 600 millions d’euros sur des contrats d’assurance-vie à la demande de l’avocat Pascal Wilhelm.

• Alain Thurin, le dernier infirmier. L’ancien infirmier de Liliane Bettencourt est lui aussi poursuivi pour abus de faiblesse. Il a été mis en examen lorsque la justice s’est apperçue qu’il figurait sur le testament de Liliane Bettencourt. Cette dernière prévoyait de lui attribuer 10 millions d’euros à sa mort. Le soignant s’est défendu en expliquant avoir découvert l'information dans les journaux. 

• Carlos Cassina Vejarano, le gestionnaire de l'île d'Arros. Carlos Cassina Vejarano gérait pour le compte de la milliardaire son ancienne île aux Seychelles, l’île d’Arros. Il est soupçonné d’avoir bénéficié d’un don de Liliane Bettencourt de deux millions d’euros afin de s’acheter un bien immobilier. 

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