Accueil d'enfants handicapés dans le Gers : une lanceuse d'alertes relaxée

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Accueil d'enfants handicapés dans le Gers : une lanceuse d'alertes relaxée
Dans un rapport fin 2013, l'Agence régionale de santé (ARS) avait constaté de "graves dysfonctionnements" dans cet IME. (Illustration)@ DAMIEN MEYER / AFP
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Une ancienne salariée de l'institut de Moussarond, poursuivie pour diffamation pour avoir dénoncé les conditions d'accueil d'enfants handicapés a été relaxée mardi.

Une ancienne salariée de l'institut médico-éducatif (IME) de Moussarond, dans le Gers, poursuivie pour diffamation après avoir dénoncé les conditions d'accueil des enfants handicapés dans cet établissement, a été relaxée mardi par le tribunal correctionnel de Toulouse. Wendy Bouchard, journaliste à Europe 1, station sur laquelle la lanceuse d'alerte Céline Boussié avait notamment tenu ces propos, et qui était aussi visée par la procédure, a également été relaxée.

"Me relaxer, c'est reconnaître ce qu'ont souffert ces enfants pendant 20 ans", a commenté Céline Boussié, en sortant de la salle d'audience, entourée par des membres de son comité de soutien, qui ont longuement applaudi à l'annonce de la décision de justice. "Ce combat est un combat pour l'humain", a dit celle qui préside aussi l'association Handi'Gnez-vous. La relaxe est "un message d'espoir magnifique pour les travailleurs sociaux, pour les lanceurs et lanceuses d'alerte (...) Le message c'est : 'parlez, bon sang, libérez la parole. Il faut le faire car ne pas le faire, c'est au détriment des personnes fragiles et vulnérables".

Des enfants attachés et enfermés. Lors de l'audience, en septembre dernier, Céline Boussié, larmes aux yeux, avait raconté les maltraitances que vivaient, selon elle, les enfants dans cet IME en 2013. Des extraits d'un reportage de Nicolas Bourgouin, pour Zone Interdite sur M6, avaient aussi été diffusés, montrant des enfants attachés, des lits trop petits, les enfants enfermés. "Trait pour trait, c'est ce que je voyais", avait assuré Céline Boussié, avant de dénoncer notamment "l'enfermement d'une jeune fille pendant 10 jours" ou "des coups portés aux enfants". Dans un rapport fin 2013, l'Agence régionale de santé (ARS) avait constaté de "graves dysfonctionnements" dans les conditions d'installation et de fonctionnement" de cet IME pour enfants atteints de lourds handicaps et dénoncé des "violences institutionnelles".