Pré-accord de la future grande coalition allemande

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

En Allemagne, le compromis de gouvernement passé entre le SPD et la CDU CSU à la veille du week-end, très critiqué par les Sociaux-démocrates.
On ne peut pas dire que le soulagement ait duré longtemps. Vendredi, Angela Merkel et Martin Schulz avaient le sentiment du devoir accompli en présentant leur contrat de remariage. Ils n’avaient pas l’enthousiasme fébrile des fiancés, plutôt un vieux couple qui se mettrait d’accord sur de nouvelles règles de cohabitation. Mais bon, il faut bien sortir de l’impasse dans lequel est plongée l’Allemagne depuis l’été, depuis que l’électeur en colère a saqué les deux grands partis.  Avec son air de chien battu, la chancelière a loué "un nouveau départ en Europe". Martin Schultz était lui aussi était lessivé par la négociation marathon, il a juré que c’était  "extraordinaire" et il est reparti en campagne, pour faire approuver le pacte par la base, les délégués du parti…
Et la base renâcle.

Elle vote dimanche prochain,  21 janvier date funeste. Les Français ont coupé la tête du roi, nos voisins pourraient couper court aux espoirs d’une chancelière. Car le replâtrage de la groko, la grosse coalition suscite du scepticisme et la lecture des 28 pages du programme suscite de la colère. Le maire de Berlin, les dirigeants de plusieurs landers, celui de Hess, la Rhénanie-Palatinat, la Rhénanie-Westphalie, la Saxe Anhalt, sans compter les jeunes socialistes sont debout sur les freins.
Si la gauche allemande retourne au pouvoir, ce sera divisée et à contre-cœur.
Qu’est-ce qu’ils reprochent au pacte de gouvernement ?

Comme Angela Merkel n’a pas réussi à faire alliance avec les libéraux et les écologistes, les socialistes se sont résignés à une nouvelle cohabitation en se disant qu’Angela Merkel ne pourrait rien leur refuser.
Ils l’ont une fois de plus sous-estimée. Elle n’a rien lâché sur le social, ni sur le fiscal, elle a concédé des engagements vagues sur une relance européenne, mais c’est la ligne conservatrice qui s’impose sur la question clef de l’immigration.
Le nombre d’étrangers est plafonné à 180/200.000 par an, s’en est quasi fini du regroupement familial et les aides financières aux nouveaux arrivants disparaissent.
Le temps où Angela Merkel ouvrait les bras aux migrants est passé.

Elle l’a payé assez cher, avec l’entrée en force des populistes d’Alliance pour l’Allemagne au Bundestag. En cas de nouvelles élections, les sondages prédisent qu’ils gagneront encore du terrain.
D’où l’acharnement d’Angela Merkel. C’est une étrange démocratie qui oblige la droite à s’allier avec ses adversaires de gauche dont elle ne partage pas les idées, plutôt que de retourner devant l’électeur.
Angela Merkel veut son quatrième mandat. Elle s’obstine à la chancellerie, en disant, "moi ou le chaos !", "il n’y a pas le choix".
Elle a une semaine pour en convaincre les délégués de base du SPD.