Referendum de tous les dangers dimanche prochain en Italie et la grève chez Lufthansa : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
  • A
  • A
Partagez sur :

Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Nouvelle grève de la compagnie allemande Lufhtansa.
1.700 vols sont annulés aujourd'hui et demain, 180.000 passagers devraient être affectés.

C'est la 14ème grève en un peu plus de deux ans pour Lufhtansa dans un pays comme l'Allemagne, où l'on dit que les relations sociales sont pacifiées.

C’est donc la preuve qu'Air France n'a pas le monopole de la grève.
Mais les pilotes, qu'ils soient allemands ou français, sont une race de gens à part. Un ancien patron d'Air France disait que les pilotes passent leur temps à se comparer leur fiche de paye.

Après cinq années de gel, les pilotes allemand réclament une revalorisation de 22% de leur salaire, sachant qu'on leur a demandé de faire plus d'heures de vol et d'être plus souple.
Impossible répond la direction du coup, c'est la grève.

Et puis, il y a une autre raison qui explique le malaise des pilotes.
Ils ont l'impression, à raison, que tout leur univers est en train de s'écrouler, avec l'avènement des low-cost.
Autrefois, être commandant de bord était très prestigieux et vous descendiez dans les meilleurs hôtels.
Maintenant, avec les low-cost, chez Ryanair, les pilotes sont auto-entrepreneurs, se payent eux-mêmes leur costume et dorment au Formule 1.

Il y a donc un double malaise.
Effectivement, quand on s'attaque à votre salaire et à votre statut, c'est la grève, même en Allemagne.
C’est d’ailleurs une leçon à méditer d'ailleurs pour nos hommes politiques.

C'est normal, personne n'a envie de voir son salaire diminuer !

C'est d'autant plus vrai chez Lufthansa, que la compagnie engrange des milliards de profits avec 1,8 milliard en 2015.
Ce qui n'est pas le cas chez Air France. qui a enchainé sept années de pertes.
On accepte plus facilement les sacrifices quand votre entreprise va mal ou quand votre pays va mal.


Sophie Larmoyer, experte international

J moins cinq pour un vote qui va s’avérer crucial pour Matteo Renzi. Le chef du gouvernement italien a convoqué un referendum, dimanche prochain, qui aura de grandes conséquences pour le pays. Il s’agit de voter "pour" ou "contre" une réforme constitutionnelle.

C’est une réforme censée simplifier le système politique italien pour apporter de la stabilité : le pays a connu 60 gouvernements depuis 1946, ça fait beaucoup, en 70 ans. Donc Matteo Renzi propose des changements profonds, notamment un Sénat avec trois fois moins d’élus (100 au lieu de 315) qui seront désignés par les régions et qui n’auront plus le pouvoir de renverser le gouvernement. Seule la chambre des députés voterait la confiance au gouvernement et la majorité des lois.

Voilà qui ne doit pas faire plaisir au personnel politique italien.

Eh non. L’opposition est contre et fait campagne pour le "non". Quant aux Italiens, à la population, les derniers sondages donnaient un léger avantage au "non", mais surtout les indécis sont très nombreux et les sondages d’ailleurs, il n’y en a plus depuis 10 jours, ainsi le veut la loi électorale italienne.

Et puis cette réforme est complexe. Ipsos Italie avance que 9% seulement des Italiens connaissent le sujet dans le détail ce qui veut dire que comme souvent avec les referendums, ça se transforme en vote de confiance.

Exactement : "pour ou contre Renzi" ! D’ailleurs, dans les manifs qui ont eu lieu dimanche, les slogans visaient le chef du gouvernement et tout ce qui fonctionne mal en Italie. Donc c’est périlleux ! Matteo Renzi avait lui-même personnalisé le scrutin, affirmant qu’il partirait si sa réforme était retoquée. Ces derniers temps il a été moins précis, disant juste qu’il n’était pas de ceux qui s’accrochent à leur fauteuil.

Donc oui, cette dernière semaine est décisive. Matteo Renzi plaide pour un peu moins de politiciens et un peu plus de politique et une Italie plus simple. Mais c’est un coup de poker politique car en cas d’échec et si des élections anticipées avaient lieu, c’est le Mouvement Cinq Étoiles qui est en embuscade, parti populiste et anti-européen qui est devenu la 1e force du pays. Ce serait un très mauvais signal en Europe, après celui du Brexit, et cela à quelques mois d’élections en France et en Allemagne.


Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le Vrai-Faux de l’info avec les flèches de David Rachline.

Le directeur de campagne de Marine Le Pen tire à vue sur le concurrent que la droite vient de désigner, François Fillon., avec une ligne très bien rodée, le PS et Les Républicains, c’est la même chose et notamment sur la fiscalité.

David Rachline: "Je rappelle quand même qu'il (Fillon) avait créé avec Nicolas Sarkozy quasiment 60 taxes et impôts supplémentaires pendant leur mandat".

60 nouveaux impôts et taxes créés sous le gouvernement de François Fillon, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Nous avons épluché hier les documents budgétaires adoptés à l’époque et nous avons recensé en tout, 31 nouveaux impôts et taxes, votés sous Sarkozy. C’est quand même moitié mois que ce qu’avance David Rachline. Certains sont politiques comme la taxation des parachutes dorés, celle des attributions de stock-options, une taxe sur les loyers abusifs. D’autres créées sont plus classiquement pour financer la sécurité sociale ou réduire le déficit. En fait, le taux de prélèvements obligatoires va baisser au début du quinquennat, puis s’envoler à nouveau à compter de 2011, pour répondre à la crise. 

Une trentaine de nouveaux impôts, c’est quand même beaucoup ?

Évidemment et ça ne s’est pas calmé ensuite. Pour vous donner un ordre de grandeur, le cabinet Ernst And Young a calculé que la France avait créé 44 nouvelles taxes entre 2010 et 2014, avec Francois Hollande. Dans la même période aucun de nos voisins n’en a créé plus de trois. L’inventivité fiscale, c’est un sport national. 

D’autant plus pratiqué, que l’on refuse officiellement, d’augmenter les impôts les plus visibles pour paraître maîtriser les dépenses de l’État. Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ces modulations de ressources plus discrètes ont joué à plein, on a supprimé des abattements, augmenté l’assiette d’impôts existants.

Connaissez-vous la taxe générale sur les activités polluantes ?

Son rendement a flambé entre 2007 et 2011 de 1.800%. Ces augmentations ont été générales, même si souvent indolores, puisque l’on recense quand même près de 400 taxes en France. Le conseil des prélèvements obligatoires en a recensé 214 qui financent les agences de l’État comme l’agence de l’environnement ou les chambres consulaires. Leur rendement a augmenté de 39% sur le quinquennat.

Les émissions précédentes