Qui est ce Monsieur Asselineau ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Mais qui est ce Monsieur Asselineau ?

François Asselineau, 59 ans, candidat à la présidentielle, serait en droit de se demander pourquoi il est moins connu qu’Emmanuel Macron et il pourrait aussi réclamer des droits d’auteur à Marine Le Pen et Dupont Aignan.
Car il est entré en politique il y a 40 ans et, depuis, il milite inlassablement contre la France dans l’Europe, l’Otan et maintenant l’Euro.
Énarque, inspecteur des finances, il a été dans l’ombre de Pasqua puis a créé son parti, l’Union populaire républicaine, en 2007. Il revendique 16.000 adhérents et vit de leurs cotisations et de dons.
Inconnu Asselineau et, pourtant, il ne lui manque aujourd’hui que 20 parrainages validés sur les 500 nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Donc, a priori, une formalité. Et pourtant, il attend 6.000 personnes à son prochain meeting du 25 mars, porte de la Villette à Paris.
Impressionnant, non ?

C’est donc potentiellement le candidat anti système par excellence ?

Par son discours ultra-nationaliste, anti-américain et foncièrement anti-européen, ce qui prouve combien l’Europe est impopulaire chez beaucoup de Français ; qu’on soit d’accord ou pas, il a quelque chose à dire de précis contrairement à beaucoup d’autres petits prétendants que l’on ne citera pas.
Par son mode de communication aussi qui passe surtout par Internet où sa propagande est suivie par des milliers d’internautes.
L’europhobie et Internet sont ses deux armes.
Les temps changent : les trotskistes qui ont, en moyenne, deux candidats à chaque présidentielle devraient, cette année, n’en avoir plus qu’un (Nathalie Arthaud), mais le nombre de candidats anti-européens ne cesse d’augmenter : ils devraient être trois, voire quatre avec Jean-Luc Mélenchon, jadis trotskiste et aujourd’hui de plus en plus eurosceptique, tout un symbole.

Il y a toujours eu des petits candidats sortis de nulle part à la présidentielle.

C’est une tradition depuis Marcel Barbu en 1965. Les conditions d’accès sont régulièrement durcies pour écarter les farfelus ou les indésirables. En 1976, Giscard d’Estaing a porté le nombre de parrainages à 500, ce qui a empêché Jean-Marie Le Pen de se présenter en 1981. Aujourd’hui sa fille caracole dans les sondages. Oui la France a bien changé en 35 ans.