Pierre Gattaz se montre plus gentil avec Macron qu’avec Fillon

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Incroyable, Pierre Gattaz, le patron du Medef, se montre plus gentil avec Macron qu’avec Fillon !
 
Réduire le nombre de postes de fonctionnaires en cinq ans, comme le prévoit Fillon ?
Mais "dit comme ça, vous mettez le feu au pays, aux fonctionnaires, ce n'est pas bon". Non, ce n’est pas la CGT qui parle, mais bien le Medef qui a lancé ce pavé dans la marre hier lors de sa conférence de presse mensuelle.
Décidément Fillon, déjà contesté de toutes part, ne peut même pas compter sur le soutien du syndicat des patrons. Lequel redoute aussi que la politique du candidat de la droite creuse les déficits publics.
Pire pour Fillon, Pierre Gattaz trouve "tout à fait intéressant ce que dit Emmanuel Macron" qui, pour le coup, n’y va pas de main morte sur la dépense publique. Alors pourquoi cet hommage à Macron ? Peut-être parce que Gattaz verrait d’un bon œil que la gestion de l’assurance-chômage soit retirée aux partenaires sociaux pour être confiée à l’Etat. C’est ce que propose Macron et ce qu’a fait Gerhard Schröder en 2003, quand il a redressé avec succès l’économie allemande.

On pourrait pourtant penser que le Medef est l’allié objectif de la droite.

Ce n’est pas si simple. Jadis, sans doute, il l’était du temps du CNPF de François Ceyrac.
Mais je me souviens que Laurence Parisot, qui a précédé Pierre Gattaz à la tête du Medef, était plutôt aimable avec Hollande avant son élection en 2012.
Elle se disait plus proche de Hollande que de Sarkozy sur les sujets sociaux. Et Laurence Parisot, qui ne reflétait pas le sentiment général des patrons, ne voulait pas parler au Front national alors que Marine Le Pen va être reçue par Gattaz et le Medef dans les prochaines semaines.
Et puis aujourd’hui il faut le dire, pas mal de patrons de la nouvelle économie sont prêts à voter Macron, question de génération.
 
Entre Fillon et Gattaz, ça risque de chauffer ?

Fillon ne dira rien. Il n’y a pas intérêt car il chute dans les sondages auprès de l’électorat populaire. Sa stratégie, c’est d’avancer, de ne pas se laisser influencer et de ne pas donner le sentiment qu’il n’a que les patrons avec lui. Henri de Castries et les poids lourds du CAC 40.
Mais probablement que Gérard Larcher, celui qui parle pour lui aux partenaires sociaux, dira en coulisses à Pierre Gattaz tout le mal qu’il pense de ses propos.