Mélenchon, un révolutionnaire du passé

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Mélenchon, un révolutionnaire du passé.

Hier, c’était un dimanche avec Mélenchon sur la chaîne YouTube du candidat. Non pas dans Qui veut gagner des millions, mais dans "Qui veut dépenser des milliards". Plus de cinq heures de direct avec des jeunes, des économistes, des experts pour nous exposer son programme : il y en a pour tout le monde à hauteur de 273 milliards de dépenses publiques, dont 100 financés par l’emprunt.
C’est complètement fou. A ce rythme-là, la France finirait ruinée comme le Venezuela de Chavez, le mauvais génie de Mélenchon. Ce qui est fou aussi avec Mélenchon, c’est qu’il veut faire jeune alors que, chez lui, tout est vieux.

C’est-à-dire ?

Mélenchon, c’est la caricature du démagogue. Il a du talent, il est intelligent, mais il est tout le contraire de ce qu’il montre. Tout n’est qu’apparence.
Mélenchon fait campagne sur les réseaux sociaux. Cela lui permet d’apparaître à la page, frais comme un geek, à l’écoute du citoyen, beau comme un hologramme.
C’est peut-être moderne, mais cela lui permet surtout d’éviter les contradicteurs gênants, lui qui ne déteste rien de plus que les journalistes qui le contredisent et dont les idées sont vieilles comme les dogmes du Programme commun.
C’est peut-être une nouvelle forme de débat démocratique, mais cela ne fait que cultiver son amour de lui-même, qu’il a démesuré. Il est à YouTube ce que Fidel Castro était à la télévision cubaine : un marathonien de l’égocentrisme.
C’est peut-être une façon de faire jeune, lui qui veut "sortir les sortants", dégager tout le monde, alors qu’il est lui-même sénateur depuis 1986 - depuis 31 ans -, qu’il a été ministre il y a 20 ans et qu’il a profité du système politique comme tous les autres.
Mélenchon est d’abord et avant tout un homme du passé.

Il n’a donc pas d’avenir dans cette présidentielle ?

Jamais il ne pourra s’entendre avec Hamon et ses anciens amis socialistes, il est trop autocrate pour ça. Pourtant à eux deux, en s’alliant dans le contexte d’aujourd’hui, ils auraient pu espérer figurer au deuxième tour.