La reconversion des politiques dans le privé

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Arnaud Montebourg ouvre la voie de la vie après la politique, il sera peut-être bientôt apiculteur.

Le regard d'Yves Thréard. Bonjour Yves.  Montebourg montre la voie : il y a une vie après la politique

Qui l’eût cru ! Arnaud Montebourg sera peut-être bientôt apiculteur. Dans son ancien fief électoral de Saône-et-Loire. L’ex ministre du Redressement productif veut rester discret sur son avenir, mais on comprend qu’il soit quelque peu dégoûté du combat politique après son échec cuisant à la primaire du PS.
Prendre du champ, pour certains, c’est un choix. Parmi eux, beaucoup de jeunes. Tous n’ont pas la tentation de Venise, mais ils n’ont plus le même appétit pour la bagarre, lassés par la stérilité du débat politique de ces dernières années. C’est le cas de Benoist Apparu des Républicains, Laurent Grandguillaume et Sébastien Pietrasanta, 39 ans tous les deux, au PS.

Pour d’autres, quitter la politique pourrait être une obligation ?

Effectivement, s’ils sont battus aux législatives. "Dans 10 jours, ma voix peut s’éteindre", confie Nathalie Kosciuscko-Morizet. Et Valls et Cambadélis et tous les autres, victimes du "dégagisme" et du raz de marée macroniste annoncé aux législatives, que vont-ils faire ? Et savent-ils faire autre chose ?  Ce sont aussi des questions que se pose François Hollande, en quête d’un logement et d’une occupation, lui qui n’aime rien d’autre que la politique…

Avec Macron, on va donc vers une déprofessionnalisation de la politique ?

Le coup de balai s’explique par un renouvellement de génération et par la loi sur le non cumul des mandats. Mais il est certain que la future loi sur la moralisation de la vie publique va bouleverser la donne. L’interdiction d’exercer plus de trois mandats identiques successifs, d’exercer d’autres activités, la chasse aux conflits d’intérêt, le plafonnement des indemnités et d’autres contraintes risquent de rendre moins attractif l’engagement politique. Beaucoup de jeunes ou d’actifs de la société civile qui voudraient s’y lancer vont à présent y regarder à deux fois.
Cette moralisation est souhaitée par l’opinion publique, mais la médaille a son revers. Si le jeu n’en vaut plus la chandelle, les meilleurs risquent de se détourner de la vie politique. Or probité et qualité doivent aller de pair. C’est pourquoi la France doit peut-être se doter d’un statut de l’élu qui ne l’empêche pas d’envisager sa vie d’après. Cela mériterait un grand débat national.