Fonctionnaires : les chiffres qui donnent raison à Fillon

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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D'après une étude menée par Sofaxis, un courtier d'assurance, le taux d’absentéisme des fonctionnaires territoriaux a augmenté de 9,3% entre 2014 et 2015 pour arrêt maladie.

Fonctionnaires, les chiffres qui donnent raison à Fillon, c’est le thème de l’édito d’Yves Thréard ce matin.

Dans les communes, les départements et les régions, le taux d’absentéisme des fonctionnaires territoriaux a augmenté de 9,3% entre 2014 et 2015 pour arrêt maladie. Soit plus de neuf jours sur 100 de perdus. C’est le résultat d’une très sérieuse étude annuelle conduite par Sofaxis, un courtier d’assurance.
2014, c’est précisément l’année où le gouvernement socialiste a supprimé le jour de carence qui empêchait, dans la fonction publique, d’être payé le premier jour d’un arrêt maladie. Comme quoi…
Deux autres indications.
Plus les fonctionnaires sont nombreux dans leur collectivité, plus ils s’arrêtent souvent.
Et l’absentéisme est deux fois plus élevé chez les agents titulaires que chez les contractuels.

Il s’agit là de la fonction publique territoriale.

Qu’il s’agisse de la fonction publique d’État, hospitalière ou territoriale, selon une étude du ministère du Travail menée de 2003 à 2011, l’absentéisme y est plus élevé que dans le privé.
Cela donne bien sûr un argument à Fillon qui veut supprimer 500.000 postes au total en cinq ans dans les trois fonctions publiques.
Le candidat de la droite ne devra pas mollir s’il veut tenir sa promesse pendant la campagne car il s’attaque là à une citadelle. Déjà les syndicats haussent le ton et montrent leurs muscles.
Président, Nicolas Sarkozy avait essayé en promettant le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : mais, cela n’avait supprimé que quelque 100.000 postes en cinq ans, et non sans mal.

Cela risque donc de compliquer la campagne de Fillon d’ici à la présidentielle.

Il va avoir la gauche et les syndicats sur le dos, mais leur crédit respectif est faible.
C’est du Front national que les plus redoutables attaques fuseront. Cela a commencé : le FN l’accuse de "casse sociale". Or le FN s’est érigé en défenseur des classes les plus populaires. Il est fort électoralement chez tous ces Français qui se sentent oubliés de l’État, qui souffrent de la disparition des services publics de proximité. Fillon devra trouver les mots justes pour se faire comprendre s’il veut obtenir leurs voix, indispensables à sa victoire.