Ça craque au FN !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Une réelle fracture est en train d'apparaître au sein du Front national entre la "ligne Philippot" et la "ligne Marion Maréchal-Le Pen".

Selon Yves Thréard, ça craque au Front national !

Oui, le feu couve depuis longtemps, mais là, ça chauffe vraiment.
Florian Philippot, le vice-président du FN, omniprésent dans les médias et gardien de la pensée du nouveau Front, énerve sérieusement en interne.
Dernier épisode hier, avec l’avortement. Marion Maréchal-Le Pen, que l’on sait plutôt tradi sur les questions société, veut revenir sur son remboursement illimité. Contrairement à Philippot. Et elle est soutenue par plusieurs élus ou cadres du FN qui font savoir sur les réseaux sociaux qu’il y a un "ras-le-bol général" de Philippot.

La guerre des deux Fronts est donc déclarée au FN ?

La fracture est de plus en plus visible.
D’un côté, ceux qui privilégient la stratégie, pour conquérir le pouvoir. C’est la ligne Philippot. Cet ancien chevènementiste affirme que la chasse aux électeurs passe par l’antilibéralisme à fond, avec un programme qui ressemble à celui de Mélenchon pour attirer les classes les plus populaires, les victimes de la mondialisation. Le reste, pour lui, est secondaire.
De l’autre, ceux qui ne veulent pas renier le bon vieux FN à papa sur l’autel de l’électoralisme. C’est la ligne Marion. Pas question de la jouer moderne avec l’euthanasie, l’avortement, le mariage homosexuel, les traditions.
Philippot plaide l’efficacité électorale quand Marion défend l’authenticité des idées.

Marine Le Pen donne raison à qui ?

À Philippot, elle l’a encore dit hier soir sur TF1. Elle fait mine d’ignorer cette guerre en rassemblant tout le monde derrière l’étendard du patriotisme et de l’anti islamisation de la France. Mais elle est beaucoup plus ennuyée qu’elle ne le montre. Autant sur la ligne communisante de son programme économique, pas bien solide, que sur l’abandon à Fillon de certains thèmes de société, pas conforme à l’ADN du FN.