2002-2017 : même débat sur la sécurité, et un Le Pen au second tour !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Tout comme en 2002, l'insécurité et la délinquance se positionnent au coeur du débat de la présidentielle. Tout comme pour son père à l'époque, ces questions devraient permettre à Marine Le Pen de se qualifier pour le second tour.

2002 – 2017, avec l’insécurité, les campagnes électorales se ressemblent et se répètent.
 
Au cœur du débat de la présidentielle, toujours l’insécurité et la délinquance sur lesquelles s’était jouée l’élection de 2002.
L’agression de quatre policiers dans l’Essonne samedi montre que rien n’a changé en 15 ans.
Les mots sont les mêmes : territoires perdus de la République, zones de non-droit, autorité de l’État bafouée, manque de moyens des policiers et justice défaillante.
Même le terme de "sauvageon", né dans la bouche de Chevènement, est ressorti dans celle de Cazeneuve. Terme inapproprié, car les agresseurs de l’Essonne, eux, voulaient tuer.
15 ans qui traduisent l’inefficacité des politiques conduites par la droite comme par la gauche contre la délinquance.
Et tous les ans, le nombre de policiers blessés en service est plus élevé : 4.361 en 2007, 5.630 en 2012, 5.736 en 2015 et sans doute beaucoup plus en 2016.
 
Donc, cela s’est même aggravé.
 
15 ans de plans pour les banlieues, avec Jospin en 2001, Borloo en 2005, Amara en 2008 et Ayrault en 2013, n’ont eu aucun effet, malgré les milliards d’euros engloutis dans la rénovation des cités.
On a d’abord installé des caméras de surveillance, puis comme elles étaient caillassées, on a mis des policiers pour surveiller les caméras, maintenant va-t-on mettre des policiers pour protéger les policiers qui gardent les caméras ? La spirale est infernale.
Pire, c’est sur ce terreau-là, celui de la délinquance de voie publique, qu’a poussé l’islamisme radical. Tous les terroristes ont un passé de voyous.
La réponse est dans une reprise en main de l’éducation, une fermeté plus grande de la justice, une intégration plus exigeante.
Ces dernières heures, on n’a pas entendu les candidats à la présidentielle sur ce terrain-là.
Ils ne parlent que de tolérance zéro, mais que proposent-ils pour l’appliquer ?
Plus de moyens, or ce n’est pas une question de moyens, mais de choc culturel.
 
Conclusion ?
 
Mêmes maux, mêmes conséquences.
Jean-Marie Le Pen était qualifié pour le second tour de 2002. Ce sera vraisemblablement sa fille, Marine Le Pen, en 2017.
Mais le score changera, elle fera beaucoup plus que les 22% de son père en finale.
Le double n’est pas à exclure.