Troisième débat de la primaire de la gauche : haro sur Hamon !

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Quasiment tous les candidats ont attaqué Benoît Hamon hier soir, lui reprochant son idée de revenu universel qu'ils jugent trop coûteuse.

À trois jours du premier tour, Benoît Hamon s’impose de plus en plus au grand damn de ses rivaux. Pour le troisième débat, c’était haro sur Hamon !

Le tout Sauf Valls s’est transformé en Tout sauf Hamon. Les lignes bougent à trois jours du premier tour.

Vous avez remarqué hier soir ? Benoît Hamon c’était l’homme à abattre. Quasiment tous les autres candidats l’ont attaqué en lui reprochant son idée de revenu universel. Ils la jugent trop coûteuse et donc irréalisable.
Ça a commencé fort. Vincent Peillon a dit en avoir assez "d’une gauche qui fait des promesses et déçoit le lendemain". Manuel Valls ne pas veut pas d’une gauche qui fait des propositions à crédit. Pour Arnaud Montebourg, "ce sera un coup de bambou fiscal pour les classes moyennes et populaires". Quand à Sylvie Pinel, elle lui a soufflé : "il faudra que tu nous expliques comme tu le finances". Heureusement pour Benoît Hamon que Jean-Luc Bennhamias est venu à son secours en lui disant que c’était la seule idée nouvelle depuis des années !
Benoît Hamon qui s'attendait à un tel tir de barrage, a donc été bien servi. Ca ne l'a pas empêché de défendre son projet. C’est pour lui un moyen de changer le rapport au travail. Il a rappelé qu’il permettrait de combattre la pauvreté, en particulier celle des jeunes, et de créer de l’emploi.

Comment expliquez ce tir de barrages ?

Parce que Hamon est en train de s’imposer dans la primaire. Il ne faisait pas partie des favoris, il n’était d’ailleurs pas candidat en 2011. On s’attendait donc à un duel Manuel Valls-Arnaud Montebourg. Or Benoît Hamon est celui qui connaît la plus grande dynamique : il gagne des points dans les sondages et fait des meetings à guichets fermés dans des salles de plus en plus grandes. Dans une primaire de gauche, il parle à la gauche. Et on le voit à chaque débat, il parvient à créer le débat. Ça vous rappelle quelqu’un ? François Fillon qui s’était immiscé dans le duel Sarkozy-Juppé. On connait la suite.

Est-ce que Benoît Hamon peut totalement éclipser Manuel Valls ou Arnaud Montebourg ?

C’est ce que l’on va voir dimanche au premier tour mais il a déjà remporté la première manche, la bataille médiatique en passant le mur du son.
Arnaud Montebourg confiait après son expérience de 2011 qu’il fallait réussir les débats pour remporter une primaire. Il l’avait d’ailleurs expliqué aux organisateurs de la primaire de la droite qui en ont pris bonne note.
Benoît Hamon a bien retenu la leçon. Arnaud Montebourg et Manuel Valls qui connaissaient l’exercice, et qui s’étaient imposés en 2011, semblent être eux passés à côté.