Primaire : un débat franchement ennuyeux !

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors que l'on s'attendait à trouver un Valls énervé, un Montebourg enflammé et un Vincent Peillon lettré, c'est finalement Benoît Hamon qui s'en est le mieux sorti.

Marion Mourgue a regardé le premier débat de la primaire de la gauche et a été très déçue.

Sept candidats à la présidentielle qui débattent, en principe ça devait être une soirée passionnante.
On dira, pour rester poli, que c'était franchement ennuyeux. Déjà, on s’est demandé s'ils s'étaient tous appelés avant l'émission pour savoir comment s'habiller. Vous avez remarqué ? Ils étaient tous en costumes sombres, cravate bleue, pour les hommes. On aurait dit des clones.

Ensuite eu le droit à des présentations récitées, celles qu'on ânonne à l'école quand on a envie de se débarrasser d'une poésie. Sauf qu'à la fin on a rien retenu. Hier, c'était pareil. À part un catalogue de mesures plus ou moins techno, on n'a pas eu franchement de vision d'ensemble, de projet de société.

Ensuite on s'attendait à retrouver un Manuel Valls énervé, un Montebourg enflammé, un Peillon lettré. Bon, on a bien cherché l'ancien Premier ministre pendant deux heures mais on l'a trouvé un peu effacé comme déjà sonné par une campagne qu'il devait pourtant survolé. Mais la campagne se retrouve pour lui beaucoup plus compliquée que prévue.

Quant à Montebourg, il paraissait bien terne derrière son principal concurrent Benoît Hamon qui dans les derniers sondages est en train de ravir la seconde place.
Et c'est Hamon qui s'en est le mieux sorti hier soir. Dès la première minute, il a réussi à glisser son idée de revenu universel autour de laquelle les débats se sont ensuite organisés.

On a aussi vu que Benoît Hamon et Manuel Valls ne partiraient pas en vacances ensemble.

Passer une soirée de débat ensemble, ça à l'air d'être le maximum qu'ils puissent faire. Il n'y avait qu'à observer le visage de Manuel Valls quand Benoît Hamon avait la parole, le regard était noir, la mâchoire serrée. On a clairement eu hier la démonstration en image des deux gauches irréconciliables dont Manuel Valls avait parlé il y a quelques mois.

Comment cela s'illustre ?

Hamon a pendant deux heures pris ses distances avec le bilan du quinquennat et jugé qu'il était mauvais : pas de croissance, pas de baisse du chômage, hausse des inégalités, et trop de cadeaux aux entreprises. À l'inverse, Valls a revendiqué avec fierté le bilan de François Hollande et estimé que l'économie recréait des emplois. On est aujourd'hui à 10 jours du premier tour de la primaire et à les voir hier, on se demande comment ils arriveront à se rassembler derrière le vainqueur.