SNCF : les TGV sont de moins en moins rentables

  • A
  • A
Le zoom éco est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Même si elle redevient bénéficiaire grâce aux économies qu'elle a réalisé, la SNCF se retrouve confronté à un problème de taille, celui de la branche TGV.

La SNCF redevient bénéficiaire avec un profit de 567 millions d'euros l'an dernier.

Un résultat en trompe l’œil, car la SNCF est malade de son TGV qui est de moins en moins rentable.

C'est grâce à des économies que les résultats progressent car la branche TGV, qui était la vache à lait du groupe, est malade.
En dix ans, sa rentabilité a chuté de 29% à 8%.

Il existe plusieurs explications :
Les hommes d'affaires tout comme les familles préfèrent l'avion où les prix ont nettement baissé.
Les Jeunes, eux, préfèrent désormais le covoiturage ou les cars Macrons.
Résultat, pour remplir ses TGV, la SNCF doit massivement baisser les prix avec toute sa gamme de TGV low-cost oui-go.

Et comme un problème n'arrive jamais seul, c'est au moment même où ce modèle de TGV est attaqué que la SNCF doit mettre en service de nouvelles lignes, dont on sait déjà vu ce qu'elles ont couté, qu'elles ne seront jamais rentables.
Après le Paris-Strasbourg, la SNCF inaugure en juillet prochain, la nouvelle ligne Paris-Bordeaux en deux heures. Une perte de 90 millions a déjà inscrite dans les comptes pour cette année.
Et ce n'est pas tout, d'autre lignes déficitaires sont dans le tuyaux. On parle notamment de Poitiers-Limoge et surtout du pharaonique Lyon-Turin, à travers les Alpes, en 2030.

En même temps : c'est de l'aménagement du territoire ! Le TGV ne doit pas forcément être rentable partout.

Si c'est de l'aménagement du territoire, il faut que les subventions suivent, ce qui n'est pas toujours le cas.
Et on le comprend, franchement, en ces temps de disette budgétaire. L'urgence, c'est de rénover le transport ferroviaire en Ile de France, utilisé quotidiennement par des millions de travailleurs plutôt que de nouvelle lignes TGV.

Le Résultat, c'est que la SNCF s'épuise et ce, au moment même, où le rail s'ouvre à la concurrence.
Puisque ça y est, les régions vont très bientôt pouvoir choisir l'opérateur de leur choix, autre que la SNCF, pour faire rouler leurs trains régionaux (les TER).