Selon Emmanuel Macron, Marine Le Pen veut créer un ordre des journalistes

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Faux, cette idée ne figure pas parmi les engagements de Marine Le Pen.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner. Et la défense de la Presse d’Emmanuel Macron.

Le candidat d’En Marche pose en rempart de la démocratie, dans ces derniers jours de campagne. Il voit dans le projet de Marine Le Pen les marques du repli, du nationalisme les libertés seraient menacées, y compris celle de la presse comme  dans l’Italie fasciste.

Marine Le Pen veut un ordre des journalistes, ordre qui n’existe plus depuis Mussolini. C’est vrai ou c’est faux.

 

C’est faux, Thomas, doublement : cette idée ne figure pas parmi les engagements de Marine Le Pen, c'est un conseiller régional qui l’a évoquée, mais sans validation, et cet ordre des journalistes, il existe toujours, en Italie et sous des formes diverses dans de nombreux pays, et à chaque dérapage médiatique, à chaque scandale, comme l’affaire d’Outreau, la question resurgit : faut-il un ordre ? Et elle butte sur cet écueil historique. Oui, les ordres professionnels ont été utilisés par les régimes fascistes. Mais AVANT la seconde guerre mondiale, c’était l’une des principales revendications du SNJ, le Syndicat National des Journalistes, en France. Et si Mussolini a créé l’ordre italien, l’idée lui a survécu. En 1963, un nouvel ordre est créé, régulé, non par le pouvoir, mais par la presse elle-même et cet ordre a toujours un pouvoir de sanctions.

 

Et cela existe ailleurs ?

 

Alors, pas sous cette forme. Parce qu,en réalité, ce n’est pas très efficace, les journalistes dans un ordre, sont à la fois juges et parties. En revanche des conseils de presse se sont développés dans plusieurs pays, qui rassemblent médias et personnes extérieures, le public, beaucoup ont un pouvoir de sanction : soit réelles, comme en Suède, c’est un juge qui les prononce, soit symboliques, c'est le plus courant. Au Québec par exemple, un tribunal d’honneur peut condamner un journal pour une Une sensationnaliste, le blâme public, c’est efficace. Il peut aussi dénoncer un patron qui refuse certains sujets.

 

Oui ça protège aussi la liberté de la presse

 

Exactement. Contre les influences des actionnaires, par exemple certains anciens salariés d’I-télé plaident, d’ailleurs, pour la création d’un ordre, ou d’un autre système, car rien n’existe en France. Mais pour cela il faudrait que la presse s’entende sur des règles communes de déontologie, et les fasse appliquer.