Quel est le premier facteur de migration sur la planète ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Nicolas Hulot affirme que les migrations climatiques et environnementales sont aujourd’hui le premier facteur de migration sur la planète.

Le Vrai-Faux avec et le défi des réfugiés climatiques.

Alors que le sommet Climat doit rassembler demain à Paris, 2000 dirigeants et célébrités, des députés poussent à l’action et réclament un statut de réfugiés climatiques. Nicolas Hulot se dit ouvert à la réflexion.

"Les migrations climatiques et environnementales sont aujourd’hui le 1er facteur de migration sur la planète. Ces questions mettent à l'épreuve nos solidarités".

Les migrations climatiques sont le 1er facteur de migration de la planète. Vrai ou Faux ?

Cela dépend de quoi on parle. Si c'est de l'ensemble des gens qui ont dû l'an dernier, fuir leur domicile : alors, oui, selon l’office des migrations internationales, un peu moins de sept millions de personnes ont été chassées par des guerres, des persécutions, en 2016, et 24 millions l’ont été à cause d’une catastrophe naturelle. Donc en terme de flux, c’est bien la première cause de migration. Seulement attention : ce ne sont pas des migrations permanentes. La plupart du temps, les gens se déplacent de quelques kilomètres, pour un temps court : ils reviennent quand l'aléa climatique est passé. Le typhon Nock-Ten au philippines, par exemple, a contraint 2,5 millions de personnes à l'exil l'an dernier. Quelques semaines plus tard, elles étaient toutes revenues. C'est pour cela qu'on ne parle pas de migrations mais de déplacements qui ont lieu dans des régions où les catastrophes sont fréquentes. On sait que le réchauffement augmente l’intensité, la fréquence de ces événements. Mais on ignore dans quelles proportions car d'autres facteurs expliquent le nombre plus important de personnes déplacées : la population qui augmente ou la densité urbaine. Le défi politique est crucial pour les pays concernés, en terme de développement, d’adaptation. Mais il le restera, même si un statut de réfugié climatique est créé.

Aujourd'hui, il n’existe pas ce statut ?

Non. En droit, un réfugié, c’est quelqu’un qui fuit les guerres, la persécution. 22,5 millions de personnes dans le monde ont ce statut et 40 millions d’autres ont été déplacées dans leur propre pays. Au total, 65 millions de personnes sont déracinées à cause des conflits. Et on ne sait pas combien, le sont à cause du climat car la statistique ne recence que ces flux de déplacements, après des catastrophes. Mais les changements plus lents, les sécheresses ou la dégradation des sols, ne sont pas pris en compte. On les considère toujours comme des aléas agricoles, donc ça rentre dans la case, immigration économique. Et toutes les causes s'entremêlent : les conflits causés par ces déplacements et la défaillance de pouvoirs politiques. On manque cruellement de données en fait, ce qui empêche d'agir. À la fois, auprès de ces déplacés, mais aussi auprès de ceux dont on ne parle jamais, qui n’ont ni la force, ni les ressources financières pour partir. C’est pour cela, d'ailleurs, que les gouvernements, restent réticents à propos de ce statut. Il pourrait concerner des populations dont l'atol risque de disparaître avec la montée des eaux, mais au-delà il risque aussi de dédouaner de leurs responsabilités, des pays qui ne font rien en terme de prévention. Or l'action reste possible, notamment pour ces 280 millions de gens qui vivent sur des côtes menacées de submersion.