"Pas de bombardements à Mossoul" : Bernard-Henri Lévy a-t-il raison ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Sur Europe 1, l'intellectuel revenu d'Irak, assur que la ville de Mossoul n'est pas bombardée, seules les alentours le sont. Vrai ou faux ?

Bernard-Henri Lévy a fait un passage à Mossoul la semaine dernière et se mobilise. L'intellectuel est retourné au Kurdistan Irakien pour un film sur la bataille de Mossoul, entamée le 17 octobre. Il nous a livré ce témoignage surprenant : "Il n'y a pas de bombardement sur Mossoul. Il n'y a pas de bombardements ! Autour de Mossoul, il y a des combats".

Sauf que nos envoyés spéciaux à Mossoul, Gwendoline Debono et Didier François, ont recueilli les témoignages d’habitants qui ont pu fuir la ville. Et ils racontent ces bombardements. C’est un check-point de Daesh qui a été détruit, des immeubles abritant un état-major de l’EI, un pont, des entrepôts… Ces frappes sont une réalité, la population se terre, elle évite de sortir et il est évident qu’elles vont s’intensifier avec tout ce que cela implique pour les populations civiles.

Les forces de la coalition tiennent d’ailleurs le compte des bombardements. Depuis le début de l’offensive, le 17 octobre, les armées américaine, française, britannique ont bombardé 43 fois la ville ou ses alentours. La France a détruit 54 objectifs, nous dit l'état-major, avec ses 36 rafales et 4 canons-césar engagés.

L'armée ne donne jamais la localisation exacte de ses frappes, qui viennent en soutient à la progression au sol des soldats, irakiens, kurdes… Ils sont à 8 kilomètres de la ville, mais on sait que celle-ci est déjà frappée, en prévision de l'assaut justement.

La situation à Mossoul ressemble à celle d’Alep avec des terroristes, retranchés, qui se servent des gens comme boucliers humains. Difficile d’accuser les russes et Bachar al-Assad de pilonner Alep, quand on risque en Irak, de faire la même chose. Et ce risque est réel : Daesh s’est installé à Mossoul, dans des hôpitaux, des écoles, ces lieux que la convention de Genève interdit de bombarder. En Syrie, les Russes et le pouvoir, s’en moquent. Mais ce sera extrêmement difficile, avec des méthodes conventionnelles à Mossoul, de les en déloger.