Nicolas Sarkozy est-il le seul candidat qui n'a rien coûté aux contribuables ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Nicolas Sarkozy affirme, à propos du dépassement des comptes de campagne, qu'il est le seul candidat qui n'aura pas coûté un centime aux contribuables.

Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le Vrai-Faux de l’Info avec les comptes de Nicolas Sarkozy ce matin.

L’ancien président, plombé par l’affaire Bygmalion, tente de se libérer de cette polémique sur le dépassement de ses comptes de campagne en 2012 en martelant une idée choc :

Nicolas Sarkozy : « "Quant aux dépassements de mes comptes de campagne, je suis le seul candidat dans l'histoire de la République qui n'aura pas coûté un centime aux contribuables puisque je n'ai pas été remboursé"

Nicolas Sarkozy n’a rien coûté aux contribuables, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est complètement faux, il leur a même coûté plusieurs millions d’Euros, voici pourquoi.
D’abord, comme tous les candidats qui font plus de 5% aux élections, Nicolas Sarkozy a pu se faire rembourser de ce que l’on appelle des frais de propagandes. Ce sont les professions de fois, les bulletins de votes que vous recevez dans votre boîte aux lettres ou encore les affiches qui sont placardées au fronton des mairies pour annoncer des réunions. Il y en a des centaines de milliers, cela coûte une fortune et l’État les prend intégralement en charge, c’est la règle au titre de l’article R39, du code électoral. Monsieur Sarkozy s’est donc fait rembourser, selon nos informations, 5,5 millions d’euros, qui viennent directement de la poche du contribuable.

5,5 millions, ce n’est pas zéro.

Et ce n’est pas tout. Dans ses comptes de campagne, avant qu’ils soient rétoqués, Nicolas Sarkozy faisait apparaître près de six millions de dons de particuliers, des électeurs lambda qui ont soutenu sa campagne et qui ont pu défiscaliser leur contribution, c’est la règle, à hauteur de 66% des sommes versées. Si ce n’est pas une dépense, c’est un manque à gagner important pour le contribuable puisque, comme ses comptes de campagne ont été dépasser et qu’il n’a pas été remboursé de la moitié de ses dépenses, Nicolas Sarkozy a dû organiser le sarkothon. 11 millions d’euros ont été récolés, eux aussi défiscalisés. Donc même si tous ses donateurs n’étaient pas imposables, on peut tout de même estimer que quelques millions, sur les 17 récoltés, ont échappé au fisc. On est donc loin du zéro centime.

Et ce n’est pas fini ?

Eh non, parce qu’il y a encore les dépenses de l’UMP. Dans le cadre d’une campagne, certaines sont remboursées par le candidat mais d’autres, le parti les paie définitivement. Le meeting de Villepinte, par exemple, qui a coûté si cher, l’UMP a réglé 20% de la facture. 6,5 millions de dépenses de campagne apparaissent dans ses comptes or l’UMP en 2012, tirait plus de la moitié de ses recettes de financement public. Donc vous le voyez, même sans s’aventurer sur le terrain glissant de l’affaire bygmalion, ces millions que l’UMP aurait payés en plus, on peut l’affirmer : oui, les contribuables ont payé, moins que prévu, mais ils ont payé, pour la campagne de Monsieur Sarkozy.