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Les pratiques agricoles aggravent-elles les inondations ?

Le vrai-faux de l'info

30 janvier 2018

Episode - 00 minutes - Société

Description de l'épisode

Célia Blauel, adjointe europe écologie les verts à la mairie de Paris, affirme que les pratiques agricoles aggravent les inondations. 


Non, l’agriculture intensive n’est pas responsable des inondations.

Alors qu’une partie du pays a les pieds dans l’eau, certains cherchent des responsables, et pointent du doigt les agriculteurs dont les pratiques intensives auraient abimé les sols. C’est le cas de Célia Blauel, adjointe écologiste à la mairie de Paris, interrogée sur TF1.

"On se rend compte que là ou on a eu des pratiques d’agriculture très intensives, avec un recours massif aux pesticides, on a un sol qui s’est appauvri, qui se tasse, dans lequel il est extrêmement difficile que l’eau s’infiltre"

Les pratiques agricoles aggravent les inondations. Vrai ou faux ?

Dans le cas des inondations qu'on connaît aujourd'hui, c’est faux. Tous les experts interrogés balayent d’ailleurs l’argument, tout simplement parce qu’il est tombé depuis deux mois beaucoup plus de pluies que ce que les sols peuvent naturellement stocker. Le meilleur sol de limon en région parisienne peut se gorger de 200 millimètres d’eau, pas davantage, que ce soit une prairie ou un champ cultivé. Or, il en est tombé plus de 230.

En fait, selon les chercheurs qui étudient les sols à l’Irstea, à l’INRA, leur porosité a peu changé depuis les grandes crues de 1910 ou 1954. L’effet des pesticides n’est pas établi, il n’existe pas d’études sérieuses. Et si les pratiques agricoles on bien un impact, précisent-ils, sur le ruissellement des eaux de pluie, cela reste assez marginal. Les techniques sans labour, par exemple, peuvent le réduire le ruissellement, en empêchant la terre de s'effriter et de former une croûte en surface. La rotation des cultures, qui permet de garder un couvert végétal toute l’année, favorise également l’évaporation (jusqu’à 30 millimètres d’eau). On sait aussi que le tassement des sols par de grosses machines agricoles peut les imperméabiliser… Mais après les crues de 2016, l’impact de ce tassement a été mesuré dans un rapport remis au gouvernement : il aurait empêché l’infiltration de 48 millions de mètres cubes dans le bassin de la seine… Rapporté à l’échelle du bassin, aux précipitations tombées l’époque, cela représente un à trois millimètres de pluies. Autant dire pas grand-chose.

Donc changer leurs pratiques, cela ne servirait à rien ?

Cela peut améliorer les choses, localement, sur de petites averses. Couvrir davantage les sols par exemple. C'est déjà obligatoire en zone vulnérable, mais pas toujours appliqué. Les agriculteurs peuvent aussi développer les bandes d’herbe le long des champs, replanter les nombreuses haies qui ont été arasées, pour augmenter le pouvoir stockant des sols. Mais cela n'empêchera pas les crues de se produire, comme elles se produisent selon le même schéma depuis des millénaires dans le bassin parisien. Ce qui a changé depuis la dernière grande crue de 1955, c’est moins l’agriculture que l'urbanisation. Depuis 50 ans, on a couvert les sols (les zones artificialisées ont pris sur les terres agricoles), et l'expansion urbaine s'est faite, en grande partie, en zone inondable : moins de 10% des terres inondables de la région parisienne ne sont pas urbanisées. On en mesure aujourd’hui les conséquences. Les solutions simples pour empêcher les drames n’existent pas, et c’est peut-être cette frustration qui explique qu’on recherche des bouc-émissaires. On peut imaginer, à l’avenir, réduire ou compenser l’artificialisation des sols, construire de nouveaux bassins, voire désigner des terres en amont des grandes villes qui auraient vocation à être inondées, ailleurs, pour préserver l’activité économique. Reconstruire surtout différemment dans les zones inondables, où vivent aujourd’hui plus de cinq millions de Français. 

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