Les centres de détention ouverts coûtent-ils deux fois moins cher à construire ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Yaelle Bran-Pivet affirme que les centres de détention ouverts coûtent deux fois moins cher à construire.

Le Vrai Faux, Géraldine Woessner, et la réflexion qui s’ouvre sur l’univers Carcéral.

Le président a promis 15 000 places de prisons supplémentaires…. Mais la construction a un coût… Ardu en période de disette budgétaire. La présidente en Marche de la commission des lois , Yaelle Bran-Pivet, a donc ouvert le dossier.

"Lorsque l’on regarde les coûts de construction d’une place de prison en détention ouverte, on divise par deux le coût de construction. Ce sont des centres qui ont d’excellents taux concernant la récidive"

Les centres de détention ouverts coûtent deux fois moins cher. Vrai ou faux ?

C’est faux, Patrick. Car ouvert ne veut pas dire non sécurisé… et s'il n'y a pas de barreaux dans ces centres, que les détenus y ont l'impression d'être plus libres... les moyens de contraintes existent… Enceintes non visibles, surveillance, salles de confinement… Une seule prison de ce type existe en france, en Corse, construite au 19ième siècle, on ne peut pas comparer les coûts... mais celles qui s’en rapprochent le plus sont les quartiers en semi-liberté…  les derniers construits, à Saint-Martin, à Longuenesse dans le Pas-de-Calais, ont coûté 110 000 euros par place… Moins cher que les prisons classique de Beauvais, 140 000 euros, ou de Valence 180 000… mais non, elles ne coûtent pas deux fois moins cher.

Maintenant les coûts de fonctionnement, peuvent être réduits : non pas car il y aurait moins de personnel, ça n'est pas le cas... mais parce que le concept de ces centres, c’est que les détenus travaillent, contribuent à leur propre entretien... Au Danemark, où le système est très répandu, le coût journalier d’un détenu serait réduit d'une centaine d'euros... 2 euros de moins seulement en Corse, c'était en 2008... on n'a pas de chiffres plus récents.

Madame Braun-Pivet affirme que ces structures empêchent la récidive. C'est vrai ?

On ne sait pas. Car comme le taux d'évasion y est beaucoup plus élevé, 5 fois plus en Norvège… l'une des clés de la réussite, c'est de sélectionner les publics... souvent on accueille les détenus sans risque, qui ont un vrai projet d'insertion… La corse par exemple, accueille des délinquant sexuels en fin de peine, triés sur le volet, forcément le taux de récidive y est quasiment nul.

Maintenant, la question reste : peut-on étendre ce système. Aujourd'hui la france n'a pas de prisons ouvertes, mais c'est déjà une pro. de l,aménagement. En ce moment, 20% des condamnés sont suivis en milieu ouvert, donc chez eux, avec bracelet électronique, ou en semi-liberté... et près de 100 000 personnes fin 2012, attendaient que leur peine d’incarcération soit exécutée… Il n’y a plus de places... d’où peut-être aussi, notre taux important de récidive… qui n'est pas lié seulement à la structure d'accueil... mais à l'encadrement... Les prisons ouvertes fonctionnent, au Danemark, en Norvège, parce qu’on met le paquet sur le suivi : 1 détenu pour 1,4 gardien, au Danemark, les surveillants français sont deux fois moins nombreux... Et les agents d'insertion doivent suivre, en France, 120 à 200 personnes à la fois.