Emmanuel Macron re-défiscalisera-t-il les heures supplémentaires ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Gérald Darmanin affirme qu'Emmanuel Macron re-défiscalisera les heures supplémentaires comme voulait le faire Nicolas Sarkozy.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les promesses du gouvernement pour le pouvoir d’achat.

Avec le grand retour du travailler plus pour gagner plus, applaudit par le nouveau ministre de l’Action et des Comptes public, l’ancien sarkozyste Gérald Darmanin. Séduit par le programme économique du nouveau président, qu’il devra mettre en musique.

Gérald Darmanin : "Je rappelle d’ailleurs qu’Emmanuel Macron a repris l’idée forte qu’avait Nicolas Sarkozy des heures supplémentaires défiscalisées, ce que n’avait pas notre programme à droite".

Emmanuel Macron re-défiscalisera les heures supplémentaires comme voulait le faire Nicolas Sarkozy, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. La proposition qui figure dans le programme d’En Marche s’inspire de celle de Nicolas Sarkozy mais ce n’est pas une défiscalisation, on ne reviendrait pas à ce qu’on a connu en 2007-2012, quand l’ancien président avait défiscalisé ces heures supp’. À l’époque, elle étaient exonérées de cotisations, mais aussi défiscalisées, cela veut dire que les salariés ne payaient pas d’impôt dessus. Or cette partie-là, Emmanuel Macron n’en veut pas. Il considère qu’elle est injuste car tous les salariés ne sont pas imposables, donc certains ne profiteront pas de l’avantage. Et puis parce que cela revient à faire payer à d’autres, aux retraités ou aux indépendants, un bonus dont ils ne peuvent pas bénéficier.
Cette différence a une conséquence, c’est que les gains seront amoindris. La défiscalisation rapportait en moyenne 42 euros par mois à ceux qui en bénéficiaient. Sans l’avantage fiscal, le gain tombe à moins de 30 euros. Les Républicains d’ailleurs, qui ont repris l’idée dans leur plateforme pour les législatives, le soulignent. Eux veulent vraiment revenir à l’ancienne version.

On exonère mais on ne défiscalise pas. Ça reste une mesure forte de pouvoir d’achat.

C’est vrai, parce qu’on parle de moyenne. Neuf millions de Français ont bénéficié de ces heures supplémentaires à l’époque, et ça représentait 150 euros par mois pour certains, c’est beaucoup. Mais ça ne sera plus forcément possible. Tout simplement parce que la loi a changé. Le taux de majoration des heures sup’, 25% pour les huit premières, 50% ensuite, reste le même. Mais autrefois, seul un accord de branche permettait d’y déroger et de passer à 10%. Or, depuis la loi Travail, la loi El Khomri, ça peut se faire au niveau de l’entreprise. C’est même un point central de cette loi. Ce qui pose d’ailleurs quand même un problème de logique. Les républicains, tout comme Emmanuel Macron veulent assouplir le droit du travail, pour qu’on puisse travailler plus. Quel intérêt auront les salariés et les entreprises à négocier des accords s’ils savent qu’en restant aux 35 heures, il seront exonérés de cotisations pour les heures supplémentaires ? Donc cette idée, qui claque et qui plaît aux français, est en fait assez peu lisible.