Combien les États-Unis et l'Europe prennent-ils de droits de douane sur l'acier chinois ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Arnaud Montebourg affirme que les États-Unis viennent de prendre 500% de droits de douane sur l'acier chinois alors que l'Europe est est incapable de dépasser 20 à 50%.

Le Vrai-Faux de l’Info avec le candidat du Made in France à la primaire de la gauche.

Arnaud Montebourg, plus que jamais inspiré plus par le succès des thèmes protectionnistes aux États-Unis et en guerre contre une europe ultra-libérale incapable de défendre son industrie.

Arnaud Montebourg : "Les USA viennent de prendre 500% de droits de douane sur l'acier chinois. L'Europe est incapable de dépasser 20 à 50%".

500% de taxes sur l’acier chinois aux États-Unis, 20% seulement en Europe, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est vrai. La différence est énorme et elle illustre l’impuissance de l’Europe à de défendre quand des intérêts divergents la paralysent.

Arnaud Montebourg a raison, le cas de l’acier est emblématique. 

La chine en produit trop, environ 800 millions de tonnes par an alors que sa demande intérieure a baissé. Pour écouler le surplus, elle inonde les marchés européens et américains de produits à prix cassés. C’est ce qu’on appelle le dumping, c’est interdit par les règles du Commerce international. Les conséquences sont très concrètes : 12.000 emplois perdus dans les aciéries aux États-Unis, des licenciements, du chômage partiel en Europe. Par exemple sur l’acier laminé, qui est utilisé dans l’automobile ou l’électroménager, la Chine a multiplié par quatre sa part de marché en Europe, en écrasant les prix, c’est autant de perdu pour notre sidérurgie.

Et l’Europe ne se défend pas ?

Pas aussi bien que les États-Unis qui ont imposé au printemps une taxe et des droits de douanes stratosphériques sur certains produits représentant environ 522% à la fois pour dumping et subventions. L’industrie de l’acier est portée par le gouvernement en chine. En fait, il y a une vraie différence d’approche. Aux États-Unis, les barrières douanières ont aussi valeur de sanction. Alors qu’en Europe, où l’on a aussi pris des mesures contre le dumping chinois, on se contente d’essayer de rétablir une légère distorsion, après des mois d’enquêtes. Depuis le mois d’août, les aciers laminés en provenance de Chine sont taxés à 22%. La taxe la plus élevée vise certains tubes et tuyaux sans soudure, venant de certaines usines, est de 81%.

Comment s’explique cette impuissance ?

L’Europe est tiraillée par des intérêts contraires. La France, avec d’autres, veut relever les droits de douane mais la Grande-Bretagne et les pays du nord s’y opposent. Ils ne veulent pas froisser le géant chinois, qui d’ailleurs souffre aussi de ses propres excès. En réduisant sa production, Pékin a déjà accepter de perdre 500.000 emplois dans ses aciéries.