Combien d'incivilités ont été relevées dans les trains cette année ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Stéphane Volant affirme que 87.000 incivilités ont été relevées dans les trains cette année.

Vrai-Faux : les incivilités de plus en plus nombreuses dans les trains.

Alors qu’une campagne vient d’être lancée sur les moyens de réagir en cas de harcèlement dans les transports, un cadre de la SNCF s'alarme : les incivilités sont de plus en plus nombreuses sur le réseau. Pour le secrétaire général du groupe, Stéphane Volant, le temps des sanctions est venu.

"Cette année à la SNCF, ce sont 87.000 incivilités qui ont été relevées, soit une augmentation de 40%​… Ces incivilités, on va leur faire la guerre".

87.000 incivilités relevés dans les trains. Vrai ou faux ?

C’est vrai, et c’est même beaucoup plus que cela puisque le chiffre que cite Monsieur Volent ne concerne que les actes qui ont été verbalisés l’an dernier, donc punis, et il ne prend en compte que les moins importants : le fait de souiller un train, de fumer, d’être en état d’ivresse : 87 000 amendes ont été infligées l’an dernier pour ces trois motifs. On ne connaît pas le détail  de toutes les incivilités recensées en 2017, mais le bilan de l’année précédente est frappant (on le trouve dans le rapport de responsabilité sociétale de l’entreprise). En 2016, 110 000 incivilités ont été relevée,  et près de 10 000 vols et agressions contre les personnels, plus de 27 000 actes de malveillances (destructions, tags…) En tout,150 000 incidents, soit près de 400 par jour, et cela ne reflète qu’une partie de la réalité puisque pour que ces faits soient comptés, il faut soit que les agents les inscrivent dans un logiciel, soit que les voyageurs eux-mêmes les rapportent, ils commencent à le faire, via  une application spéciale : le 3117.

Ces incivilités ont-elles des conséquences ? En terme de retards, de coûts ?

Oui. En terme de coût, la SNCF consacre plus de 400 millions par an aux dépenses de sécurité, pour ses agents, un réseau de 40.000 caméras.

En terme de retards, c'est plus difficile à chiffrer. La plupart des lignes sont peu impactées, mais d'autres, une poignée en fait, mais très fréquentées, dans les grandes agglomérations, beaucoup. On peut le déduire des rapports de l’organisme qui observe la qualité de services dans les transports : sur la ligne A du RER, par exemple (1 million 200 000 voyageurs par jour),  40% des retards sont dus à des causes externes à la SNCF. On entend par là tout ce qui vient de l’extérieur de l’entreprise : la météo, les obstacles, les jours de grève… Mais aussi les paquets abandonnés, les interventions de la police quand il y a un problème, les gens qui descendent sur les voies, les vandalismes… Un tag, par exemple, peut immobiliser une rame pendant plusieurs jours pour la nettoyer, un signal d’alarme tiré sans raison entraîne des retards : c’est arrivé 5300 fois, sur le réseau, en 2017.  Sur cette ligne A du RER, 20% des retards sont dus à ces incivilités, 16% sur la ligne B, selon les données que compilent des voyageurs sur le site Le Blog d’en Face, qui recense méticuleusement tous les incidents. Bien sûr, résoudre ces problèmes, ne règlera pas la question : la grande majorité des retards sont dû aux sous-investissements sur le réseau (incidents matériels, pannes d’électricité…) Mais ils contribuent à gâcher le quotidien. D'où ce changement, récent, de ligne à la SNCF, qui commence après une longue phase de déni, à appliquer des sanctions.