Combien d'emplois ont été créés siute à la réforme des rythmes scolaires ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Bruno Retailleau affirme que plus de 80.000 emplois ont été créés suite à la réforme des ryhtmes scolaires sans qu'il n'y ait de bénéfice pour les enfants.

Le Vrai-Faux de l’Info avec l’addition douteuse de Bruno Retailleau. 

Ce proche de François Fillon était l’invité d’europe 1 hier matin, et il l’a martelé : "oui, la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires est possible" et s’il n’envisage une seconde de faire des économie sur les hôpitaux, il explore d’autres pistes.

Bruno Retailleau :  "Les rythmes scolaires, c'est plus de 80.000 emplois qui ont été créés. Pour quels bénéfices pour les enfants ? Zéro !"

Plus de 80.000 emplois ont été créés suite à la réforme des rythmes scolaires, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Ce chiffre n’apparaît dans aucune étude et pour une raison simple : on ignore totalement l’impact sur l’emploi qu’a pu avoir cette réforme. Il n’y a pas eu de bilan ni d’étude d’impact. Bruno Retailleau s’est donc appuyé sur l’estimation d’une collègue, une sénatrice qui a calculé que si 60% des communes avaient recruté trois personnes ou quatre personnes, cela donnerait à peu près ce total. Le problème c’est que ça ne reflète pas forcément la réalité.

Alors quelle est la réalité ?

En 2013, l’Association des maires de France a posé la question aux 4.000 communes pionnières dans l’application de la réforme. La moitié d’entre elles avaient alors recruté, et par la suite, quand la réforme s’est étendue, le mouvement s’est amplifié, mais on ne sait pas dans quelles proportion. En 2015, nouvelles enquête : 43% des communes recourraient à du personnel bénévole. Beaucoup on créé des emplois c’est vrai, mais à temps très partiel soit quelques heures par semaine. Ou bien elles ont augmenté les horaires de leurs personnels, des atsem ou délégué à des associations. Bref, le flou est complet ! Supposons que la France entière se soit comportée comme Paris, qui a été vertueuse et a créé 1.300 emplois, cela ferait un total, proportionnellement au nombre d’élèves, de 23.000 postes créés, à temps plein. Mais encore une fois, on n’en sait rien. C’est ce qui est aberrant. trois ans, sans étude d’impact, ni sur le coût de la réforme, un milliard selon les maires de France soit plus de 200 euros nets par élève, ni sur ses bénéfices supposés pour les enfants.

Ce que dénonce aussi Bruno Retailleau : zéro bénéfice, il a raison ?

Ben la poignée de rapports dont on dispose, oui, tendent à lui donner raison : les enfants de maternelle sont plus fatigués, les activités proposées sont de qualité inégale et surtout, on n’a pas observé d’amélioration des résultats scolaires pour les enfants concernés, ce qui est quand même l’objectif de toute réforme. C’est peut-être la raison pour laquelle on refuse, depuis trois ans, de vraiment l’évaluer.