Beaucoup de personnes âgées ont-elles du mal à payer leur maison de retraite ?

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Najat Vallaud-Belkacem affirme que beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas payer leur maison de retraite.

Le Vrai-Faux de l’Info avec le geste de Najat Vallaud-Belkacem en faveur des retraités.

L’ancienne ministre, en campagne pour les législatives à Villeurbanne, veut incarner une "vraie gauche" face au candidat d’En marche. Elle promet, si elle est élue, de proposer une loi pour plafonner les prix des maisons de retraites.
 
Najat Vallaud-Belkacem : “Parce qu'aujourd’hui, beaucoup de personnes âgées se trouvent à payer plus que leurs revenus et donc ce sont les enfants qui trinquent“

Beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas payer leur maison de retraite, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est vrai Thomas, même si l’affirmation mérite d’être relativisée.
700.000 retraités vivent aujourd’hui en institution, 100.000 sont autonomes en résidences de services, mais les autres sont en établissements médicalisés publics ou associatifs à 75%. Un quart des établissements sont gérées par le privé. Et dans les deux cas, les tarifs sont élevés car construits selon trois composantes : soins, hébergement et dépendance. Les soins sont pris en charge par l’assurance maladie, mais la dépendance ne l’est que partiellement avec l’allocation personnalisée d’autonomie, et l’hébergement pas du tout ou très peu. Les aides au logement que peuvent toucher les personnes âgées ne correspondent pas du tout au montant de la facture qui atteint tout de même 2.900 euros par mois en moyenne. La DREES a calculé que le reste a charge moyen, une fois retirées toutes les aides, dépasse 1.700 euros. C’est au-delà des ressources courantes d’un retraité sur deux et c’est sans compter les disparités régionales. À Paris ou Marseille, ce reste à charge explose.

Un retraité sur deux n’a pas assez de revenus ? C’est énorme !

Alors attention, le chiffre est trompeur. Car beaucoup de retraités ont un patrimoine supérieur à celui des actifs, qui est donc mobilisé à la fin de leur vie. La question c’est : comment font tous les autres, qui n’en ont pas ou pas assez. Et c’est ce que l’on connaît mal. La Justice a reçu l’an dernier 6.000 demandes d’ascendants qui réclament un soutien financier de leurs familles et 116.000 personnes, les plus pauvres, sont aidées par le département qui règle la facture. Mais combien d’enfants versent volontairement une pension, on ne sait pas, les impôts ne tiennent pas de statistique, et la première enquête sur la façon dont ces gens se débrouillent ne sera publiée qu’en 2018. C’est tard et c’est un problème brûlant, car le vieillissement s’accélère, on va manquer de places en établissement. Donc que faut-il faire ? Fixer de nouveaux plafonds, sachant que ça a un coût, et que les tarifs publics sont déjà plafonnés ? Réserver des places aux personnes sans ressources ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui. C’est un vrai débat. Pour aider votre réflexion, un dernier chiffre : la prise en charge de la dépendance des personnes âgées coûte déjà 28 milliards d'euros chaque année, aux finances publiques.