Banlieues : comment éteindre le feu ?

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marguerite Lefebvre font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Avec "les banlieues qui font irruption dans la campagne présidentielle", c'est le titre à la Une du Figaro.

Le journal qui fait le bilan de ces violences quotidiennes en Seine-Saint-Denis et ailleurs en région parisienne, donne la parole à Sébastian Roché, chercheur reconnu au CNRS. Lui craint un embrasement, comme en 2005. "Tous les éléments sont là" : "La protestation passe d'une banlieue pauvre à une autre car il y a un tapis de banlieues pauvres, le carburant étant la colère et l'hostilité aux forces de l'ordre."

"Comment éteindre le feu ?". C'est la question que pose le Parisien en Première page.
Le Parisien qui s'inquiète de l'omniprésence des réseaux sociaux accusés de propager les appels à la violence.

Un homme fait ce matin la Une de Libération, il s’agit de Recep Tayip Erdogan, le président turc.

"Le maitre du jeu", titre Libé qui raconte comment Erdogan est en train de mettre tout son pays sous sa coupe. Des clubs de foot à l'armée, l'éducation, la justice ou la diplomatie. Tout est verrouillé ! Des pleins pouvoirs qu'il entend consacrer avec le vote d'une réforme constitutionnelle. "Un pas de plus vers la dictature" pour Libération.

Revenons au Figaro avec ce titre, troublant : "Anatomiquement, les babouins ont tout à fait ce qu'il faut pour parler."

C’est un article passionnant qui nous explique que depuis 50 ans, et les travaux d'un certain Lieberman, il était entendu que les babouins ne parlaient pas, parce qu'ils étaient physiquement incapables de produire des voyelles. Leur larynx ne leur permettait pas. Cette théorie, un chercheur français, vient de la réduire en miettes. Il a prouvé que les babouins pouvaient prononcer cinq voyelles humaines. Parfois même collées, comme dans wahou. Mais alors pourquoi ne parlent-ils pas comme nous ? Tout simplement parce que leur cerveau n'est pas assez développé et c'est ce qui expliquerait donc l'échec d'une expérience menée dans les années 30 par un couple américain. Monisuer et madame avait élevé leur enfant et un babouin exactement de la même manière en espérant que le babouin se mette à parler. Échec total !


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

Dans la presse internationale, nous sommes le 14 février et c’est la St Valentin ! Une fête qui s’est répandue un peu partout dans le monde mais en Chine, par exemple, ça va bientôt être compliqué.

Voici le commentaire du Jakarta Post hier : "avec la St Valentin qui pointe son nez, voilà une mauvaise nouvelle de plus pour les hommes qui n’ont pas de rendez-vous galant demain". Alors "ça n’est pas un drame !" et bien si ! Car un professeur chinois, un démographe, explique que le rapport des naissances filles-garçons a été tellement déséquilibré depuis les années 80 en défaveur des femmes et que les effets vont se faire sentir pendant les 30 prochaines années.

Ça veut dire concrètement qu’il n’y a plus assez d’hommes ?

C’est exactement ça ! Environ 30 millions d’hommes en âge de se marier vont avoir du mal à trouver une amoureuse. Car en moyenne, 114 garçons naissent pour 100 filles (la moyenne mondiale c’est 103 garçons pour 107 filles). Et c’est encore pire si l’on regarde les statistiques des années 70, on arrivait à 206 hommes pour 100 femmes.

C’est la conséquence de la politique de l’enfant unique ?

Oui, et ses conséquences sur les mentalités car quitte à n’avoir qu’un enfant, mieux valait que ce soit un garçon qui allait travailler et s’occuper ensuite de ses vieux parents, pour résumer. Et ce démographe, le Pr Zhaï, explique que les développements technologiques ont permis aux Chinois de procéder à des avortements sélectifs, ce qui s’est beaucoup fait un temps, même si c’est interdit depuis 2002. Il y avait même des échographes mobiles, portables, dans les campagnes.

Mais Pékin est revenu, en 2015, sur la politique de l’enfant unique ! Tout cela va donc changer ?

Sûrement, mais ça prendra du temps. Les autorités espèrent un rééquilibrage des naissances filles-garçons en 2030. En attendant, un professeur de sociologie cité par le Jakarta Post, pointe les risques indirects : l’inflation des dots, qui deviendraient inabordables, l’augmentation de crimes sexuels ou encore un risque accru de discrimination des femmes au travail dans cette génération qui est franchement minoritaire.

Le salut, estime le démographe, viendra de l’éducation des prochaines générations à l’égalité hommes-femmes.


Sophie Larmoyer et les Carnets du Monde ont été récompensés aux Lauriers de l'audiovisuel, cérémonie annuelle qui récompense émissions, téléfilms, documentaires de tout l'audiovisuel français. Dans la catégorie radio, un Jury de professionnels a décerné le Prix aux Carnets du monde. Cela couronne une émission créée en 2005, désormais tous les vendredi soirs à 19h, un voyage hebdomadaire sur la planète à travers les reportages et journalistes de la rédaction et de ses correspondants à l'étranger.


Eva Roque pour le programme télé

Planète animale à 20h55 sur France 2.

Avec ce documentaire de la BBC, on prend une claque. 90 minutes de séquences tournées dans 40 pays au plus près des espèces comme ces iguanes marines vivant sur une île volcanique des Galapagos et qui ont la chance de côtoyer d’autres petits animaux.

Les commentaires sont de François Morel qui raconte la vie de cette planète animale avec jubilation.
Un documentaire exceptionnel par la qualité des images réalisées avec des drones, des caméras sans pieds et ultra légères.
Résultat : on change de focale et on passe des coléoptères gros comme un ongle dans les dunes du désert namibien aux paresseux perdus dans la mangrove.

Les séquences tournent autour de deux thématiques classiques : la chasse et l’accouplement. Mais tout est envisagé sous un nouvel angle avec délicatesse et humour. À voir avec les enfants et pas sur vos tablettes, sur vos grands écrans et avec le son très fort.


Marguerite Lefebvre pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

Et une photo à la Une du Dauphiné Libéré, des dizaines de secouristes qui s'activent pour tenter de sauver les skieurs pris au piège. Dramatique avalanche titre le quotidien. Hier quatre personnes ont perdu la vie à Tigne, emportés par une coulée de neige. Trois membres d'une même famille et leur moniteur.

La Lorraine en alerte à la grippe aviaire, c'est la Une du Républicain Lorrain ce matin. Les cygnes retrouvés morts dans un lac des Vosges étaient bien porteurs du virus de cette souche H5N8, très virulente. Des mesures de surveillance ont été prises pour protéger les élevages...

Et puis le tour de France 2018 à La Baule. Presse Océan a tenté d'en savoir plus sur le parcours. On sait que les coureurs s'élanceront de Vendée. D'après le quotidien, le peloton devrait faire étape dans la Baie et parcourir les environs de Châteaubriant.

L'histoire du jour nous emmène à Grigny en Essonne, dans les pages du Parisien.

C'est l'histoire d'une galère au quotidien pour les habitants d'un immeuble de Grigny. Depuis cinq jours, à cause d'une panne, il n'y a plus d'électricité dans les parties communes. Dès qu'ils sortent de chez eux c'est à la lampe torche que les résidents trouvent leur chemin dans l'immeuble. Mais ce n'est pas le plus gros problème puisque depuis cinq jours, sans électricité, pas d'ascenseur dans cette tour de 13 étages.

Galère pour monter les poussettes et pas plus simple pour les courses. "je laisse tout ce qui n'est pas périssable dans ma voiture" explique Nourdine. On se sent abandonné" car l'administrateur qui gère l'immeuble est aux abonnés absent, injoignable. Même la mairie n'arrive pas à prendre contact et doit s'en remettre aux emails.

Les habitants espèrent une solution rapide avant un accident, c'est ce qu'ils redoutent tous. Car descendre les escaliers à lumière de son portable avec un enfant dans les bras, on a connu plus prudent !