Au Japon, un PDG démissionne après un suicide dans son entreprise

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Anne-Laure Jumet, Marguerite Lefebvre et Guillaume Genton font le point sur l'actualité du jour.

>> Les Unes de la presse nationale

Un seul visage ce matin dans la presse nationale, ou presque, celui de Jacqueline Sauvage. 

Le Parisien s'interroge sur le "Coup de Grâce" en page 2 et 3 et nous explique que François Hollande veut rester dans l'histoire comme le "président humain". D'après nos confères, le président a consulté : Cazeneuve, Valls, Taubira... en leur demandant à chaque fois "et toi, tu ferais quoi". Puis le déclic, ça a été la rencontre avec ses filles, c'est là qu'il a tranché. Il était impensable pour lui que Jacqueline Sauvage entame 2017 derrière les barreaux.

Jacqueline Sauvage aussi dans Le Figaro, en première page, mais ce n'est pas la Une. "François Hollande finit par gracier Jacqueline Sauvage", titre le quotidien. Jacqueline sauvage enfin libre aussi en Une de Libération, embrassant la main de son avocate. Et Libération de double titrer, ça devient une habitude, sur les listes électorales. Les retardataires affluent en cette fin d'année pour pouvoir voter en 2017.

Idem pour La Croix : le vote en crise. A 4 mois de la présidentielle, plusieurs millions de Français manquent sur les listes électorales. Enfin dans l'Humanité, coup de projecteur sur Asli Erdogan, elle porte le même patronyme que son président, mais cet écrivain Turque est opprimée dans son pays. Elle comparait jeudi avec huit autres intellectuels et tous risquent la prison à perpétuité. Finalement, l'histoire se répète : on supprime l'intelligentsia, même au 21ème siècle...

>> La presse régionale

Trois Unes sur des sujets un peu différents dans la presse régionale et notamment cette information de Var-Matin. Il y aura moins de croisières l'an prochain en Méditerranée. La raison ? Les compagnies américaines délaissent la région à cause de la menace terroriste. Conséquence directe nous explique le quotidien, à Toulon il y aura moins d'activité : 30% d'escales en moins en 2017. 

La sécheresse s'affiche à la Une du Courrier de l'Ouest. Avec cette photo d'un lac quasiment vide, le lac du Cébron, près de Poitiers. A cause du manque de pluie, la production d'eau potable n'a toujours pas pu être relancée. La situation devient inquiétante.

Enfin, votre sapin de Noël contre une bonne action. Paris Normandie met en avant une initiative, celle de la mairie de Graville, près du Havre qui va venir collecter gratuitement à domicile tous les sapins de la commune pour les replanter. Les arbres seront offerts l'hiver prochain aux familles défavorisées.

>> L'histoire du jour

L’histoire du jour se passe en Normandie, où la qualité des soins de l’hôpital de Vire est visiblement à remettre en cause. Si l'on en croit le témoignage de Catherine et sa fille Mélissa dans la Manche Libre, les deux femmes ont été victimes d'un accident de voiture le 14 décembre dernier. Après 45 minutes d'attente aux urgences, elles sont prises en charge. La mère passe une radio, la fille aucune. Elles ressortent toutes les deux sans médicaments. Dans la nuit, les douleurs sont trop vives et elles retournent à l’hôpital le lendemain. Entre temps leur dossier a été perdu. Il faut tout recommencer. Bilan des radios cette fois-ci, contusions bénignes et courbatures musculaires.

Deux jours plus tard cela ne va toujours pas mieux. Cette fois, c'est à la clinique qu'elle vont se faire ausculter. Et là, le diagnostic est bien différent. Catherine et sa fille souffriraient en fait de fractures des côtes, du sternum, d'entorses multiples et de traumatisme crânien. Catherine a désormais l'intention de se retourner contre l’hôpital. "On ne peut pas laisser sortir des gens blessés" s'indigne-t-elle. L’hôpital de Vire assure pour l'instant n'avoir reçu aucune plainte.

>> L'économie : un PDG poussé à la démission après un suicide

Au Japon, un cas de suicide au travail provoque la démission d'un PDG. Au cœur du scandale, l'entreprise Dentsu, un géant de la publicité, une société réputée au Japon. Il y a tout juste un an, une jeune femme, âgée de 24 ans, Matsuri Takahashi met fin à ses jours. Elle ne supportait plus ses conditions de travail. Elle avait travaillé 105 heures supplémentaires pendant un mois et endurait les réflexions rabaissantes d'un supérieur. Elle était tombée en dépression avant donc de se suicider.

Dans le pays, la mort par excès de travail porte un nom : "karoshi", et le décès de cette salariée a été reconnu comme tel en septembre dernier. Dans cette affaire, qui a fait la Une des médias, il y a donc eu un nouveau développement mercredi. Les autorités japonaises ont annoncé leur intention de porter plainte contre Dentsu pour violation des lois sur le travail et dans la foulée, le PDG de Dentsu a annoncé sa démission. Il a reconnu sa responsabilité dans le drame. D'ailleurs l'enquête conduite par les services sanitaires de Tokyo a montré que d'autres salariés de groupe étaient soumis à une charge de travail excessive. Et l'entreprise n'en est pas à sa première alerte, elle avait déjà été épinglée au début des années 90 pour un cas similaire.

Cette plainte lancée par les autorités japonaises marque le signe d'une prise de conscience des conditions de travail. Le Premier ministre nippon, Shinzo Abbe, souhaite en effet réformer le droit du travail et au passage attirer plus de femmes dans les entreprises.

Mercredi, le porte-parole du gouvernement a d'ailleurs eu ses mots : il faut mettre fin aux trop longues heures de labeur et créer un meilleur environnement de travail pour que les femmes et les personnes âgées puissent d'avantage participer à la vie active. C’est un changement de mentalités dans ce pays où le travail et le statut social sont érigés au rang des vertus cardinales avec l'idée d'un sacrifice nécessaire. Pour être promu, il faut trimer et si l'entreprise nous licencie, c'est pour notre bien.

Aujourd'hui la loi japonaise prévoit un temps de travail de 40 heures par semaine et les heures supplémentaires sont plafonnées à 80 heures par mois, ce qui est très élevé. A titre de comparaison, en France la limite est de 220 heures par an, ce qui fait 18 heures par mois. Mais dans les faits les employeurs japonais ont toute liberté pour faire sauter ce plafond en échange d'une majoration de salaire. Le gouvernement réfléchit donc à une réforme du droit du travail pour limiter la latitude offerte aux chefs d'entreprise. S'il la mène à bien, ce sera une vraie révolution dans ce pays.

>> Le choix TV

A la télévision ce soir : "Les Mystères du Zoo Parc de Beauval" à 20h55 sur C8 qui propose une plongée dans les coulisses du plus grand par animalier Français : le Zoo de Beauval. Un immense site de 30 hectares avec 8.000 animaux et 600 espèces dont certaines dont vous n'avez sûrement jamais entendu parler. C’est un documentaire incarné par Cécile de Ménibus, l’animatrice part à la rencontre des 500 personnes qui se dévouent corps et âme au bon fonctionnement du parc. Parmi elles : Francoise Delors, la fondatrice du Zoo de Beauval, qui connaît tous ses animaux par cœur. Et elle a ses petits chouchous, comme la hyène très dangereuse nommée Barbac à qui elle parle comme à un petit chaton trop mignon.

Ce soir, vous découvrirez également le quotidien des vétérinaires et des soigneurs du Zoo de Beauval, qui œuvrent au quotidien pour le bien-être des animaux, en leur inventant notamment des activités pour ne pas qu’ils s’ennuient. Il faut bien le dire, c’est loin d’être le premier documentaire consacré au Zoo de Beauval, mais celui là est à ne pas manquer, parce qu’on y découvre vraiment à quel point ce parc prend soin des animaux, mais aussi pour son côté interactif : plusieurs internautes ont pu poser des questions directement à Cécile de Ménibus pendant le tournage grâce à une application.