Ligne à grande vitesse : les banques lâchent la SNCF

  • A
  • A
Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Alex Taylor et Alexandre Kara font le point sur l'actualité du jour.

Axel De Tarlé, expert économique

Les banques ne veulent plus financer la construction du TGV Paris-Bordeaux car cela coûte trop cher.

La ligne à grand vitesse, en construction, devant relier Paris et Bordeaux en seulement deux heures au lieu de trois devait théoriquement être prête à partir de juillet 2017.
Les banques créancières de Lisea, le concessionnaire de la ligne, ont décidé de bloquer les versements de crédits pour la poursuite de chantier.
La SNCF, très inquiète, a réagit pour évoquant : " une catastrophe économique" qui va durablement plomber ses comptes.

Pourquoi les banques refusent-elles de poursuivre les versements ?

Ce projet a été lancé par l'Etat en fin 2007 début 2008 sans avoir l'argent pour le financer. Une demande est donc adressée au secteur privé de construire, en l’occurrence à Vinci.
Vinci impose aujourd'hui des péages beaucoup trop élevé (comme sur les autoroutes) ce qui a incite la SNCF a diminué la circulation des TGV sur la ligne reliant Bordeaux et Paris.
 
Du coup, Vinci ne décolère pas considérant que le projet n'est plus viable. Vu la polémique, les banques ont décidé de stopper le financement, les travaux, eux, vont continuer.

C'est l’État qui est coupable dans cette affaire en ayant lancé un projet sans en avoir le financement.


Alexandre Kara, expert politique

Dominique Strauss Kahn réapparait sur twitter et va s’exprimer aujourd’hui sur la toile.

Dominique Strauss Kahn va publier aujourd’hui sur le net un long article dans lequel il va détailler ses propositions globales pour lutter contre le réchauffement climatique.
C’est la troisième fois qu’il utilise Twitter pour faire une tribune, il l’avait déjà fait sur la Grèce et l’Europe.

Pourquoi utiliser Twitter plutôt que donner une interview à journal ou une radio par exemple ?

Tout simplement parce que DSK considère que Twitter est plus efficace. Il a calculé que par l’intermédiaire de Twitter, il pouvait toucher près de 60 millions de personnes.
Ses précédents articles ont enregistré de 2 à 3,5 millions de vues, et surtout ils ont été très lus à l’étranger et notamment aux États-Unis.
A la suite de ces articles, des hommes politiques, des chefs d’entreprises et des universitaires l’on contacté.
L’autre raison c’est qu'il ne porte plus vraiment les journalistes dans son cœur et comme le dit un de ses proches, pour lui s’exprimer sur Twitter "c’est être totalement libre".

A part ces articles, que fait DSK aujourd’hui dans la vie ?

Il est en train de monter une société de conseil qui aura pour vocation de conseiller les États.
Actuellement, il est consulté par plusieurs pays d’Afrique, par Cuba et la Serbie et surtout il est toujours administrateurs du fond stratégique russe.
Donc vous le voyez dans ces conditions pour DSK, être présent dans le débat est essentiel. Pour lui c’est un peu la vitrine de sa reconversion….


Anne Le Gall, experte innovation

Une course automobile d'un nouveau genre pour la fin 2016.

Après la Formule 1 en voiture électrique qu'on n'entend pas ou presque pas, la France va accueillir l'année prochaine la première course automobile qu'on ne voit pas.

C'est quoi cette blague ?

Ce n'est pas une blague, les voitures seront tellement petites qu'elle seront invisibles à l'œil nu. Il s’agit en fait d’une course de nano-voitures qui se tiendra au CNRS de Toulouse.

Des scientifiques français, japonais, allemands, autrichiens et américains vont tenter de faire avancer sur un circuit des véhicules qui sont 100.000 fois plus petits que le diamètre d’un cheveu.
Ce sont des assemblage d'atomes qui ont une forme de voiture, elles rouleront sur un circuit de moins d'un millimètre.

Pour designer le vainqueur, il faudra donc suivre la course grâce à un microscope spécial et les images seront retransmises sur grand écran.

Elle avancent comment ces voitures ?

On les propulse à l'aide d'une très faible impulsion électrique qui les fait avancer de quelques nanomètres.
Il y aura du suspens car même à cette échelle, il peut y avoir des sorties de routes, des voitures qui brûlent ou qui perdent des pièces.

Mais ça sert à quoi ?

Cette course est en réalité un défi scientifique colossal qui vise à renforcer les connaissances en nanotechnologies de façon a pouvoir construire, peut-être, dans le futur des composés électroniques à très petite échelle.
Par exemple : des composés qui réclameront moins de matière première et devraient donc consommer moins d’énergie.