Accor est en train de passer sous contrôle chinois et les primaires à gauche enterrées : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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David Doukhan et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Encore un champion français qui part à l'étranger...
Le géant français de l’hôtellerie, Accor, est en train tout doucement de passer sous contrôle chinois.
Cela inquiète non seulement la direction d'Accor, mais aussi au plus haut niveau de l’État.

Accor, c'est l'un des géants français du CAC 40, présent dans le monde entier, avec Ibis Hotel, sofitel, Mercure, Novotel, Formule 1ou encore Pullman.
En toute discrétion, l'entreprise est en train de passer sous pavillon chinois d'après une information du Figaro de ce matin.
En l’occurrence, il s'agit du groupe hôtelier Jin Jiang qui appartient à la ville de Shanghai. Jin Jiang a pris en janvier dernier 5 % du capital avant de passer en février à 10 %. On vient d'apprendre, qu'il possède désormais 15% d'Accor, ce qui en fait le premier actionnaire. Selon le Figaro, Jin Jiang négocierait le rachat d'un nouveau bloc pour monter, à terme, à 29 %.

Autant dire que la direction d'Accor et le gouvernement commence à paniquer et l'affaire est également suivie par le cabinet d'Emmanuel Macron mais aussi par François Hollande.
Car tout cela commence à ressembler à une débandade de nos grands groupes français qui, les uns après les autres, se font racheter.

En deux ans :
- Alcatel est devenu Finlandais
- Lafarge est devenu suisse.
- Alstom est devenu américain.
- Technip vient de s'installer à Londre.
- Le club Med est devenu Chinois.
- Peugeot Citroen est également parti partiellement en Chine. Les Chinois n'ont que 14% de PSA.
Justement, le gouvernement français aimerait trouver une solution de ce genre avec Accor pour limiter la présence du groupe chinois.

Pourquoi faut-il s'inquiéter de tous ces rachats successifs ? Quelle conséquence ?

A chaque fois, ce sont des centres de décision qui s'en vont, des emplois à haute valeur ajoutée, des richesses.
C'est l'ancien patron d'Essilor qui fait ce parallèle. Une entreprise du CAC 40, économiquement, ça pèse l'équivalent de deux départements français.
Que dirait-on, si en deux ans, huit département français avaient quitté le pays et avec Accor, ça fait 10 maintenant.

David Doukhan, expert politique

La politique c’est la primaire à gauche sur laquelle la justice va se prononcer lundi. Trois militants socialistes inquiets du non-respect des statuts du PS dans lesquels la primaire figure ont saisi la justice. La réponse de David Doukhan c’est qu’il n’y aura pas de primaire de la gauche.

Fini, terminé, mort et enterré… Les écologistes ont tranché la question dans un vote interne, les partisans de la primaire n’ont obtenu que 16% des suffrages. Les communistes ? Même chose, pas de majorité claire pour y participer. Ils envisagent même une candidature PC pur jus en plus de celle de Mélenchon. Donc voilà c’est simple et clair : il n’y aura pas de primaire de la gauche.

Et une primaire interne au PS ?

Non plus. ils peuvent intenter tous les procès qu’ils veulent ce sera niet. Si François Hollande est candidat, c’est hors de question, c’est exclu par l’Élysée comme par Matignon. Manuel Valls le proclame : l’esprit des Institutions de la 5ème passe avant les statuts du PS. Franchement, imaginez la situation ubuesque d’un président de la République en exercice le midi en déjeuner officiel avec Angela Merkel, Jean-Claude Junker ou Xi Jinping et le soir sur une chaîne d’info pour se mesurer à une brochette de frondeurs et pourquoi pas à un de ses ministres. Conclusion de Manuel Valls en privé, "à Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS de se débrouiller avec les statuts".

Pas de primaires ça permet de se présenter sans problème mais est-ce que ça augmente le risque d’élimination du président sortant dès le premier tour ?

C’est mathématique : Philippe Poutou (LCR), Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Bastien Faudot pour le MRC ancien parti de Jean-Pierre Chevènement et François Hollande : sept candidats de gauche Et pourquoi pas s’il prenait l’envie à Arnaud Montebourg d’y aller : huit candidats.
Huit candidats de gauche, comme un certain 21 avril 2002, sauf que cette fois ce sera pour se partager un patrimoine électoral famélique : enquête IPSOS pour le Monde: la gauche totalise 32% ! C’est historiquement bas de 10 points en dessous de son niveau de 2002 justement.

Une primaire de la gauche, avec les écologistes, les communistes, le MRC et François Hollande pour le PS aurait eu l’immense avantage de réduire le nombre de candidats de 7 à 4. Moins de candidat, mois de dispersion des voix = une meilleure chance pour François Hollande de se hisser au second tour. Donc non l’absence de primaire de la gauche n’est pas un atout pour le Président, mathématiquement ça le condamnerait presque, sauf que la politique ce n’est pas que de l’arithmétique, c’est aussi une dynamique François Hollande a maintenant un peu moins d’un an pour le démontrer.