En Iran, les femmes tombent le voile

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Chaque soir, Sophie Larmoyer fait entrer le monde dans la radio. Lundi, elle a notamment évoqué les femmes iraniennes face à la question du port du voile.

En Iran

>> Depuis plusieurs semaines, les femmes tombent le voile. Ce n'est évidemment pas simple dans une société très encadrée par les mollahs, mais elles ont eu le mérite de lancer le débat.

Le lieu qui symbolise ces actes de révolte, c’est une petite armoire électrique au coin d’une avenue. Le 27 décembre dernier, une jeune mère, trentenaire, est montée sur cette petite tribune blanche improvisée, a enlevé son foulard blanc et l’a brandi au bout d’un bâton. Sa photo a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux et dans le monde entier. Vida Movahed, c’est son nom, a été arrêtée, elle a passé près d’un mois en prison et elle est même devenue l’emblème des deux semaines de manifestations qui ont suivi, manifs contre la vie chère, début janvier. Cela n’avait rien à voir mais ça lui a donné de la visibilité. Et d’autres Iraniennes ont imité ce geste : lundi dernier notamment, une autre jeune femme est montée sur la même armoire électrique, sur l’avenue Enghelab, un mot qui signifie "révolution". Depuis est donc apparu un nouveau hashtag : "les femmes de la rue de la Révolution" Le lendemain, d’autres l’imitaient, y compris un homme par solidarité, et même une femme en tchador dans une ville très religieuse du pays, une manière de dire  que "chacune doit pouvoir choisir".

Est-ce qu’on peut parler d'un mouvement qui deviendrait massif ?

Non, il n’y a pas de coordination, mais ces actes isolés tournent beaucoup sur les réseaux sociaux. Les photos et les vidéos deviennent virales, donc l’impact est important. Ce sont des actes courageux : ces femmes risquent des amendes et de dix jours à deux mois de prison. Même si les Iraniennes ont toujours résisté contre ce port du voile obligatoire, depuis la Révolution de 1979, là, ce qui est intéressant c’est que ça devient un sujet pour la jeune génération, qui n’a connu que ce régime islamiste mais qui voit bien que beaucoup de femmes dans le monde ne subissent pas cette contrainte vestimentaire. Alors on porte "mal" le voile, on le laisse glisser sur les épaules, par exemple. Sur l’application Telegram, on s’affiche beaucoup sans voile, y compris des filles de familles religieuses et certaines commence à brandir ce foulard au bout d’un bâton.

Est-ce en train de devenir un sujet politique en Iran ?

Oui, parce que certains politiques commencent à s’exprimer sur le sujet, parlant d’une "pression inutile" sur les femmes. Le président réformateur Rohani suggère que le gouvernement devrait "mieux écouter la population". Et on sent que ce débat chatouille le régime...qui fait en sorte de décourager les plus téméraires : en fin de semaine la police de Téhéran annonçait que 29 Iraniennes avaient été arrêtées. Qui plus est, la caution pour la jeune femme arrêtée lundi dernier est volontairement dissuasive : elle a été fixée à près 90 000 euros.


En Angleterre

>> Depuis trois ans, la police est lancée aux trousses d’une sorte de Gentleman cambrioleur. Et vient de lancer un appel à témoin.

Dans cette affaire de cambriolage, le butin commence à être conséquent. On parle 8 millions d’euros. La cible est la haute société anglaise, comme le duc et la duchesse de Richmond dont le cambriolage avait marqué l’actualité il y a deux ans. Ils se sont retrouvés nez à nez avec le malfaiteur dans leur propriété à 4h30 du matin ! Celui qu’on appelle désormais "le gardien de nuit" les a ligotés, bâillonnés et battus jusqu'à les convaincre d’ouvrir leur coffre-fort. Il a alors dérobé leurs bijoux de famille, pour près d’un million d’euros, dont une bague en émeraude d’une valeur historique inestimable car elle appartenait au Roi Charles II. Lui et son épouse ont été retrouvés au petit matin par leurs employés de maison… et comme toutes les victimes, ils décrivent un homme grand et musclé, qui s’exprime intelligemment et se repère aisément dans la maison.

Ce voleur semble hors du commun. Il passerait des mois à repérer de grandes demeures isolées, à étudier les va et vient de ses victimes. Il est athlétique, enjambe de hauts murs et arrive à déjouer la détection de systèmes d’alarme sophistiqués. Et il laisse très peu de traces ! La police pense qu’il pourrait s’agir d’un militaire toujours en exercice, peut-être même un membre des forces spéciales. Les enquêteurs ont retrouvé un peu de son ADN dans l’une des propriétés. Ils ont donc demandé au ministère de la Défense de le comparer à la base de données de ses soldats. Mais pour l’instant l’armée refuse, au nom de la "protection des données" des militaires. Le public en revanche a répondu "présent" à l’appel à témoin lancé il y a quelques jours. L’avalanche de réponses commence à être étudiée par les enquêteurs.

En bref…

>> La cagnotte récoltée pour Élisabeth Revol

L’argent récolté pour sauver l’alpiniste française Élisabeth Revol, la semaine dernière dans l’Himalaya, va être remis aux enfants de son compagnon de cordée polonais, qui lui n’a pas pu être ramené. Les proches des deux alpinistes avaient lancé un appel aux dons pour pouvoir financer la mission de sauvetage, dont l'envoi d'hélicoptères de l’armée pakistanaise. 50.000 euros étaient nécessaires. Or, plus de 150.000 euros ont été réunis en un temps record. Plus de 6.000 donations sont venues d’une trentaine de pays. La somme sera donc remise aux trois enfants de Tomasz Mackiewicz car le gouvernement polonais a pris en charge les frais de sauvetage de l’alpiniste.

>> En Italie, un postier cachait du courrier 

La police italienne a retrouvé 573 kilos de lettres ! Des factures, cartes-postales et autres courriers que ce facteur stockait depuis 2010 ! Une partie de ce "butin" était dans un garage de location, une autre partie chez lui. Le postier n’a pas donné d’explications sur son geste étrange et la Poste italienne s'est engagée à remettre tous ces courriers en attente à leurs destinataires.