En Chine, les citoyens vont être notés

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En fonction des données personnelles recueillies, les citoyens chinois vont être notés. Cela servira à leur attribuer ce que l'on appelle un crédit social.

Direction la Chine, qui s'apprête à noter ses citoyens.

Oui une note basée sur votre comportement sur les réseaux sociaux mais pas seulement. En fait, ce sont les étoiles que vous attribuez aux chauffeurs de VTC ou sur les sites de voyage appliquées à chaque personne. Imaginez. Vous êtes diplômé, performant au travail, propriétaire d’une belle voiture, vous postez sur Facebook des articles positifs sur l’économie chinoise, eh bien vous avez une bonne note. A l’inverse, votre supérieur vous juge moyen, vous avez traversé la rue au feu rouge, payé votre loyer en retard, vous avez une mauvaise note. Alors je ne sais pas si vous l’avez vu mais c’était exactement le scénario d’un épisode de la série britannique Black Mirror qui se projette dans le futur. Sauf qu’en Chine, ce système doit être généralisé d’ici deux ans.

A quoi ça va servir d'être bien noté ?

Alors c’est ce qu’on appelle le crédit social. Ça, ce n’est pas nouveau. Aux Etats-Unis aussi les banques s’appuient sur ces scores de solvabilité pour accorder ou refuser un prêt. En Chine en revanche, cela va plus loin puisqu’à terme, si vous êtes mal noté, vous aurez toutes les peines du monde à accéder au logement mais aussi aux transports publics, plus de mal à trouver un emploi, à obtenir un visa ou même à vous inscrire sur un site de rencontre. Dans un rapport qui fixe le cadre de ce projet, le gouvernement affirme qu’il s’agit "d’élever l’honnêteté de la société". En réalité, le crédit social devient le synonyme de contrôle social.

Vous nous disiez tout à l'heure que le système serait généralisé d'ici deux ans. Ça existe déjà alors ?

Oui l’exemple le plus emblématique, c’est Ali Baba, le géant du e-commerce chinois, 400 millions d’utilisateurs. Ali baba a créé une application de crédit social, très téléchargée. Au fur et à mesure de vos achats, l’algorithme vous attribue une note entre 350 et 950. Le directeur technique explique comment : "Si vous jouez 10h par jour à des jeux en ligne, vous êtes oisifs, en revanche si vous achetez des couches vous êtes un père ou une mère que l’application considère comme responsable." Ce sont les données collectées par Ali baba que le gouvernement veut fusionner avec d’autres pour, finalement, faire un tri entre les bons et les mauvais citoyens.

De Chine, on va filer aux Etats-Unis, cette fois dans le milieu du basket universitaire. C'est ce soir que débute la March Madness, la folie de mars, c'est-à-dire la phase finale du championnat universitaire. Et vous savez que c'est stratégique puisque c'est une rampe d'accès à la prestigieuse NBA. Xavier Yvon, vous êtes à New York pour Europe 1. C'est un énorme événement sportif, vous nous l'expliquez ?

Eh bien à partir d’aujourd’hui et pendant deux semaines, des millions d’Américains vont se passionner pour la phase finale du championnat universitaire de basketball. Il y a des matches tous les jours et notamment en journée, ce qui va ralentir le rythme de travail des Américains. Je peux vous dire que les bars de sports se remplissent très tôt l’après-midi à cette période. Ça ressemble un peu à l’ambiance qu’il y a en France pendant une Coupe de monde de foot. Et la tradition, c’est de parier sur les résultats, entre collègues, entre amis. Dans les journaux, à la télévision, on voit partout les fameux "brackets", c’est le tableau des matches. Les experts vous expliquent quels sont les favoris, chacun remplit son tableau, même Barack Obama le faisait devant les caméras, quand il était à la Maison-Blanche. En tout, les Américains vont parier plus de 10 millions de dollars.

Donc c'est aussi un événement commercial ?

Ah oui, c’est l’événement sportif le plus attendu de l’année, après le Super Bowl. Avec donc des droits télés astronomiques : plus de 850 millions de dollars. Tout ça profite à la fédération de basket universitaire, aux universités elles-mêmes mais pas aux joueurs, qui sont des étudiants, amateurs, et qui ne peuvent pas être payés. Seuls leurs frais de scolarité et de pensionnat sont pris en charge.

Donc rien ne doit gâcher la fête alors ?

Oui, le FBI a lancé une vaste enquête cet automne. On parle de pots-de-vin, des billets d’avions, des primes, des cadeaux aux familles... Non pas pour truquer les matches, mais pour convaincre les meilleurs jeunes de rejoindre telle ou telle équipe. Il y a eu une dizaine d’arrestations : des entraîneurs-adjoints, des responsable marketing ou un agent... Un système défaillant, dénoncé même par la superstar de la NBA, LeBron James, et Barack Obama, encore lui, plaide aussi pour une réforme du basket universitaire. En attendant, place à la compétition. Il y a 68 équipes en lice (parmi les anciens vainqueurs, on compte le Français Joakim Noah, qui a lancé sa carrière comme ça) et si vous avez envie de parier, je vous donne mon conseil : l’un des favoris c’est l’université jésuite de l’Ohio, qui s’appelle... Xavier.

En bref Gwendoline, en Sibérie, une macabre découverte, un mystère, presqu’un premier chapitre de roman policier...

Oui le long du fleuve Amour, près de la frontière avec la chine, un promeneur a découvert une main humaine dans la neige. L’homme appelle tout de suite la police qui, sur place, trouve un sac avec 53 autres mains sectionnées. Les enquêteurs essayent d’analyser les empreintes de ces membres très bien conservés par le froid. Il semblerait que des bandages et des sur-chaussures en plastique portées dans les hôpitaux aient été trouvés dans le même coin. Mais pour l’instant c’est le mystère total.