Budapest : la colère des habitants contre les fêtards

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Des habitants de la capitale hongroise se sont regroupés en association pour dénoncer les nuisances causées par les touristes étrangers, qui affluent dans leur ville ces dernières années. 

Le journal du monde, une autre manière de raconter ce qui se passe à l’étranger, par la petite histoire. Première destination ce soir : Budapest, la capitale de la Hongrie, LA destination des fêtards en Europe, un peu trop, peut-être.

Oubliez Barcelone ou Amsterdam, tapez Budapest sur un moteur de recherche et vous comprenez tout de suite : « le guide complet de la fête » des sites de voyages pas chers jusqu’aux blogs Erasmus, tout converge vers la « Perle du Danube », mais pas particulièrement pour son patrimoine historique. Plutôt pour ses « Romkert » ou « ruin bars », littéralement des « bars de ruine »  installés dans des maisons et jardins abandonnés.  Dans l’ancien quartier juif de la ville, sur moins de 2 kms carrés, on compte environ 800 bars, boites de nuit ou restaurants. La moitié n’existait pas il y a 5 ans. L’an dernier, 3 millions et demi de touristes sont allés à Budapest.

Ça pourrait être juste une aubaine, un moteur économique formidable. Mais comme souvent quand c’est trop, ça devient l’enfer.

Oui, l’enfer pour les habitants qui en ont assez d’enterrer les vies de garçons de centaines d’Européens chaque mois de croiser des groupes de jeunes saouls ou malades, qui se tiennent souvent très mal et font beaucoup, beaucoup de bruit jusque sur le palier, dans les immeubles puisqu’il y a de plus en plus d’appartements loués, type AirBnB. Les prix sont très bas, du billet d’avion low-cost à la pinte de bière à moins de 2 euros. Du coup le tourisme festif et nocturne a pris un tour industriel, avec des boites qui accueillent jusqu’à  2000 personnes, ou des guides qui chauffent leurs groupes à coup de mégaphones en pleine nuit dans les rues. De quoi alimenter comme il faut la « tourismophobie ».

…et les riverains s’organisent, j’imagine

Ils essayent en tout cas en se regroupant en association. Ils déplorent que la drogue et la prostitution aient fait leur apparition dans leur quartier. Et ils font des manifs, demandent à la mairie, par exemple, que les bars ferment à minuit, aujourd’hui c’est 6 heures du matin. Un referendum local sur la question est même envisagé. Mais les résidents eux-mêmes ne sont pas dupes : cette industrie de la nuit rapporte beaucoup d’argent. Les fêtards ne risquent pas d’être chassés de sitôt des rues de Budapest.

Et pour la 2e histoire du jour, nous passons juste une frontière… vers la Belgique ! Bonsoir Isabelle Ory !

Vous êtes à Bruxelles. Où le gouvernement a décidé de raboter de 15% le salaire du prince Laurent, le frère cadet du roi Philippe. Ça lui fera 46 000 euros en moins l’an prochain tout de même ! Mais qu’a-t-il donc fait pour mériter cela ?    

Le prince Laurent c’est l’enfant terrible du Royaume de Belgique, celui qui n’a jamais semblé très à l’aise dans son costume d’altesse.

A 54 ans, il traine derrière lui une longue série de casseroles quand il était plus jeune, c’était des excès de vitesse et des excès féminins depuis quelques années, ce sont plutôt ses voyages et ses contacts non autorisés avec des dignitaires étrangers qui embarrassent Bruxelles. Ce qui a fait déborder le vase cette fois, c’est qu’il est allé en uniforme à une réception à l’ambassade de Chine et il a publié une photo où on le voit avec des officiels chinois. Or, il n’a pas le droit de participer à ce genre d’événement sans prévenir le premier ministre. Ce qu’il n’avait évidemment pas fait.

Donc le voilà puni avec une grosse amende ? 

Oui, le gouvernement a décidé de sévir, le parlement doit voter bientôt sur le sujet. Le prince ne s’en remet pas, il a même envoyé son avocat à la radio expliquer à une heure de grande écoute à quel point c’était une sanction injuste et disproportionnée. Laurent touche 308.000 euros d’argent public par an, ça fait plus de 25.000 euros par mois. C’est ce qu’on appelle sa dotation. Avec cela il doit vivre, se loger et payer ses frais de représentation.

Mais pourquoi est-ce qu’il est payé par le contribuable belge ? Il joue un rôle quelconque ?

Et bien non, et c’est bien le problème. Il est payé à ne rien faire. Il est tellement ingérable qu’on ne peut lui confier aucune tâche. Résultat : selon un sondage récent, plus d’un Belge sur 2 estime qu’on devrait carrément le priver de cette dotation et utiliser autrement leurs impôts ! Son cas a tellement fait grincer des dents qu’une loi belge a été adopté en 2013, elle prévoit déjà qu’à la prochaine génération, seul le roi en titre et son héritier direct auront le droit à un salaire. Les autres membres de la famille royale devront travailler et gagner leur vie comme tout le monde.  Merci Isabelle Ory (depuis Bruxelles).

En bref, avant de refermer le journal du monde. En Inde, un tout nouveau métro percute un mur à quelques jours de son inauguration.

Un métro de New-Dehli, dont on louait déjà la modernité du système de signalisation du train, qui allait lui permettre de rouler de manière autonome. Alors, peut-être en revanche ils ont oublié de vérifier les freins de la rame d’essai et ce matin, alors que cette rame grimpait une rampe pour être lavé (pour être tout beau pour l’inauguration avec le 1er ministre)  oups, elle est repartie en arrière pour aller percuter un mur. Pas de blessé, mais ça ne fait pas très sérieux.

Le sapin de Noël de Rome n’a pas fini d’être la risée de tous, en Italie.

Ça fait plusieurs semaines que ça dure, et là justement c’est fini : le roi des forêts est officiellement mort ! Il avait été surnommé “Spelacchio”,  « le déplumé », par les  Romains à cause de son allure malade. Son image a voyagé, il parait qu’en Russie on l’appelle « le balai de chiottes ». Ce qui énerve un peu les Romains, c’est qu’il a couté près de 50.000 euros. C’est à l’image de la gestion calamiteuse de la ville par la maire 5 étoiles de Rome.