Au Venezuela, la crise économique conduit à une pénurie de contraceptifs

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Europe Soir
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La crise économique au Venezuela a conduit à une pénurie de pilules contraceptives, forçant les Vénézuéliens à recourir aux bonnes vieilles méthodes, pas toujours très fiables.

Direction le Venezuela. On le sait, c’est la crise là-bas… Et cette crise s’immisce dans chaque détail du quotidien. Ce type de "détail" qui peut avoir des conséquences importantes, comme par exemple la pénurie de pilule !

… Avec ce dilemme pas très réjouissant qui se pose aux couples vénézuéliens : faire l’amour… ou pas ! C’est le Washington Post qui a mené cette petite enquête où l’on découvre qu’effectivement, trouver une pilule contraceptive relève du parcours du combattant. Selon la Fédération des pharmacies du pays, les stocks ont fondu de plus de 90% depuis 2 ans, ça devient un produit de luxe, on ne les trouve plus qu’au marché noir. Sur les réseaux sociaux se croisent l’offre et la demande, et les prix s’envolent. Idem pour les préservatifs ou les autres moyens de contraception, comme les implants.

Tout ça était gratuit avant l’effondrement de l’économie… Donc c’est le système D aujourd'hui ?

Oui, pas le choix… Et souvent les Vénézuéliens reviennent aux bonnes vieilles méthodes, pas toujours très fiables. Celle du calendrier : les journaux publient des articles pour rappeler comment compter les jours, repérer la période d’ovulation "à risque" si l’on veut éviter d’être enceinte. Plus grave : ces sites Internet qui proposent "15 remèdes maison pour éviter la grossesse", avec des solutions parfaitement fantaisistes comme boire 2 tasses de thé par jour ou manger de la papaye, deux fois par jour là encore.

Ça veut dire que les conséquences de cette pénurie de contraception sont déjà perceptibles ?

Oui, alors il n’y a pas de statistique officielle, mais tous les médecins interrogés notent une nette augmentation des grossesses non désirées. Et donc des tentatives de fausses couches provoquées à la maison (l’IVG est illégal au Venezuela). Hausse également du nombre de patients ayant contracté le Sida ou d’autres maladies sexuellement transmissibles… Et dans le même temps, le moindre médicament manque pour les soigner. Tout cela dans un contexte de véritable crise humanitaire où le moindre aliment est difficile à trouver et avec une économie en lambeaux. Le FMI estime que l’inflation sera de 2.000% l’an prochain au Venezuela.

Seconde histoire du journal du monde : ça se passe en Thaïlande, où une affaire crée beaucoup de remous dans l’opinion, c’est la mort d’un jeune soldat…

… pour nous la raconter, on retrouve Carol Isoux, à Bangkok. Bonsoir Carol, le corps sans vie de ce garçon de 18 ans, Pakapong, a été renvoyé à sa famille sans explications ?

Oui quasiment sans explication : les autorités militaires ont juste dit à la famille qu’il était mort "de maladie". Suspicieux, ses parents et sa sœur ont donc fait organiser une fausse cérémonie de crémation pendant qu’ils faisaient autopsier le corps dans un hôpital, en secret. Les résultats ont dépassé leurs craintes : Pakapong avait les côtes cassées, mais surtout, ses organes vitaux, son cerveau, son cœur, son estomac avaient été prélevés et remplacés avec du papier... Donc en plus de l’horreur de cette découverte, il devenait impossible de déterminer avec certitude les causes de la mort.

Si l’opinion thaïe se déchaîne sur cette affaire, c’est que ce n’est pas un cas isolé...

Non loin de là : chaque année, il y a un ou deux cas de ce genre, de jeunes morts mystérieusement pendant des entraînements militaires. Des affaires précédentes ont révélé que la plupart du temps, ces jeunes succombent à des séances de tabassage en règles de la part de leur supérieurs hiérarchiques. Néanmoins l’affaire cette fois est remontée très haut, puisque le ministre de la Défense a dû s’exprimer... pas pour défendre le jeune homme, non, mais pour rappeler fièrement que lui aussi avait été tabassé pendant sa formation militaire, qu’il n’en était pas mort, et que si on est faible ou malade, ce n’est pas la peine de faire soldat.

Zéro reconnaissance d’éventuels dérapages… Il n’y a jamais aucune punition de responsables ?

Non, au mieux ils sont mutés dans une autre base... L’armée thaïlandaise est une énorme machine, elle est aux commandes du pays depuis un coup d’État de 2014 et n’a de compte à rendre à personne, surtout pas à la Justice. C’est aussi de cette impunité et de cette toute-puissance que les Thaïlandais en ont assez, alors que les élections pour un retour à la normale sont sans cesse repoussées sous de nouveaux prétextes.  

Merci Carol Isoux, en direct de Bangkok.

En bref… Au Canada, 3.000 membres de la fonction publique, de l’armée ou de la police, stigmatisés par le passé pour leur homosexualité, vont être indemnisés…

66 millions d’euros pour ces 3.000 victimes qui avaient déposé une plainte collective. Mais surtout, dans un discours solennel au Parlement, le 1er ministre a présenté ses excuses à la communauté LGBT, gravement discriminée par l’État jusque dans les années 1990. Justin Trudeau a parlé de "honte collective" face à ce qui était des "purges", une "chasse aux sorcières"… Il a aussi voulu réhabiliter les personnes condamnées pour homosexualité avant sa dépénalisation en 1969… Dépénalisation qu’avait décidée à l’époque son père, Elliott Trudeau.

Au Royaume-Uni, des distributeurs gratuits vont être installés pour les sans-abris...

Les SDF pourront y trouver de la nourriture, des affaires de toilette et des vêtements. Ces distributeurs seront accessibles 24 heures sur 24, approvisionnés par des dons de particuliers ou de supermarchés. Les sans-abris devront juste avoir une carte magnétique distribuée par une association caritative, carte qu’il faudra réactiver toutes les semaines, histoire de garder un contact humain. La 1ere machine sera installée d’ici Noël à Nottingham, puis à Londres.