Télévision : les Français la regardent-ils autant qu'avant ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Selon le bilan publié par Médiamétrie, les Français regardent la télévision plus de quatre heures par jour et utilisent de plus en plus le différé ou le replay.

Hier, l’institut Médiamétrie a publié son bilan de l’année télé 2016 et qui a passé au crible notre consommation et nos habitudes télévisuelles. Quels sont les enseignements et qu’on peut tirer de cette grande étude ?

Le premier, c’est qu’on regarde toujours autant les programmes télé : en 2016, nous avons passé chaque jour 3h52 devant une émission, un jeu, une série ou un téléfilm. C’est deux minutes de plus par rapport à 2015. Une légère hausse qui peut s’expliquer par quelques grands événements retransmis cette année et très largement suivis : on pense aux jeux olympiques, à l'Euro de football, mais aussi aux nombreux débats politiques organisés en fin d'année.

Alors 3h52 passées devant un programme télé, ça ne veut pas dire pour autant 3h52 passées devant la télévision. Ce chiffre concerne l’ensemble des moyens de visionnage, tous écrans confondus, à la fois son téléviseur devant lequel on passe 3h43, mais aussi l'ordinateur, le smartphone, ou la tablette, de plus en plus présents dans nos foyers. C’est cette tendance qui a conduit Médiamétrie à offrir une mesure plus globale, plus en phase avec ce qu’on a coutume d’appeler "les nouveaux usages". Au niveau du temps consacré, les programmes télé restent donc de très loin le loisir numéro un chez les Français, le plus accessible aussi.

Autre enseignement intéressant : les chaînes de télévision restent les plus gros "pourvoyeurs de contenus". 93 % du temps que nous passons à regarder des vidéos est consacré à des programmes produits par une chaîne de télé / loin, très loin devant les programmes produits par les youtubeurs par exemple. Très loin aussi devant les services de VOD, les films à la demande, ou les services comme Netflix, qui occupent seulement 1% de notre temps.

Dans cette étude, on constate aussi que la place du replay augmente considérablement.

C’est devenu une habitude quand on rate un programme parce qu’on rentre trop tard du travail ou parce qu’on a tout simplement envie de faire autre chose. Sur les 3h52 que nous passons quotidiennement à visionner un programme, nous passons près de 20 minutes devant un programme diffusé en délinéarisé / un programme qu’on choisit de regarder à un moment bien précis.

En l’espace de cinq ans, les adeptes de cette manière de consommer la télé ont été multipliés par trois. Le replay concerne aujourd’hui trois millions de personnes pour la télévision. Un chiffre qui passe à 4,6 millions d'usagers si on y ajoute les modes de visionnage digitaux, l’ordinateur, le smartphone ou la tablette.

C’est une pratique qui se généralise essentiellement pour les fictions et les séries.

Un constat qui incite aussi les chaînes à repenser leur offre : elles proposent de plus en plus souvent des découpages de leurs programmes, des séquences autonomes souvent très courtes, qui se diffusent et se visionnent très facilement. Canal+ avait été la première à jouer ce jeu.

Un jeu qui est devenu un enjeu… Le replay attire les annonceurs. Et il permet aux chaînes d’arrondir un peu les fins de mois.