On n'est pas couché : comment Manuel Valls s'en est-il sorti ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Manuel Valls était l'invité de l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché, samedi soir. Il s'est notamment expliqué avec Jeremy Ferrari sur la politique africaine.

Le fait média du jour, c’est la venue de Manuel Valls sur le plateau d’On n’est pas couché, samedi soir. Le Premier ministre était l’invité de Laurent Ruquier. C’est la première fois qu’un chef de gouvernement en exercice se rendait dans l’émission…

Une venue qui a soulevé la polémique.

Une situation inédite qui n’a pas manqué de susciter la controverse. La semaine dernière, l’opposition soulignait à de nombreuses reprises ce rapport "contre-nature", pour certains, d’une parole politique délivrée dans une émission de divertissements. Une épreuve périlleuse, un exercice risqué, une manœuvre de communication qui décrédibiliserait l’action de Manuel Valls.

Dès son arrivée sur le plateau d’On n’est pas couché samedi soir, le chef du gouvernement a donc voulu répondre à ses détracteurs et justifier sa venue.

Manuel Valls à On n’est pas couché, c’est donc "une démarche pédagogique". Le mot "expliquer", le Premier ministre l’a employé en tout une dizaine de fois. Pour parler au plus grand nombre aussi. Sur ce point, l’objectif est atteint puisque samedi, l’émission de Laurent Ruquier a atteint son plus haut niveau de la saison avec : 2,1 millions de fidèles devant leur poste soit 29% de part d'audience.

Mais on attendait un clash qui n’est jamais vraiment venu.

Les passes d’armes virulentes sont inscrites dans l'ADN d’"On n’est pas couché". Et Laurent Ruquier a une technique infaillible pour provoquer ces buzz : il compte sur son duo de flingueurs, Léa Salamé et Yann Moix. Mais samedi soir, force est de reconnaître que les deux polémistes semblaient un peu tétanisés, anesthésiés par l'enjeu.

Il a fallu compter sur les invités en plateau pour porter la contradiction face à Manuel Valls. Et c’est Jean d’Ormesson qui a porté la première estocade avec cette malice du vieux sage érudit qui joue mieux que quiconque avec les mots notamment sur le sujet de la déchéance de nationalité.

Accusé de droitisation, Manuel Valls se défend. Parler de sécurité, parler de la nation, du patriotisme, ça n’est pas selon lui "se droitiser". C’est s’adresser avant tout aux plus faibles, les protéger. Une mission qui incombe à tous les responsables politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Il a fallu attendre 1h45 du matin pour que ça s’anime un peu.

Avec une intervention surprise, celle de Jérémy Ferrari. Samedi, l'humoriste a  vraiment bien fait d'accepter l'invitation de Laurent Ruquier. Non seulement, son spectacle a été encensé par l'animateur et par Léa Salamé et Yann Moix mais surtout, il a brillé en étant sans doute le plus incisif face à Manuel Valls avec une intervention très remarquée.

Le ton de Jérémy Ferrari est très virulent, on le sent très remonté. Ça a rappelé à beaucoup cette intervention de Daniel Balavoine face à François Mitterrand, c’était en 1980. Et Jérémy Ferrari en a remis une couche quelques minutes plus tard.

Avec ces mots à lui, l’humoriste retient que Manuel Valls n’est venu que pour parler de son livre ou d’un débat qui ne concerne personne.

Un coup d'éclat qui avait fuité dès vendredi matin, au lendemain de l'enregistrement de l'émission et qui, finalement, résume à la perfection l’intervention du Premier ministre samedi soir. Une intervention qui nous a franchement laissé un peu sur notre faim.