CNews : le CSA rencontre les syndicats ce vendredi

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Quatre mois après la grève d'i-TELE, la situation ne semble pas s'améliorer malgré le changement de nom de la chaîne en CNews.

Quatre mois après la fin de la grève à i-TELE, un mois après le lancement de CNews, la situation reste préoccupante au sein de la chaîne info du groupe Canal. Les syndicats de salariés sont inquiets et tirent la sonnette d’alarme. Ils ont rendez-vous avec le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel aujourd'hui.

En début d'après-midi, ils doivent se rendre à la tour Mirabeau, au siège du CSA. A leur demande, ils seront reçus par deux membres du Conseil, Nathalie Sonnac et Carole Bienaimé-Besse. L’occasion pour eux d’exprimer leurs inquiétudes.

Et notamment cette promesse non tenue par leur direction : mi-novembre, à la fin de la grève qui a secoué la rédaction d’i-TELE, les patrons de la chaînes avaient assuré à plusieurs reprises qu'ils compenseraient la totalité des départs, qu’ils remplaceraient un à un chaque salarié. C’était même un engagement signé, inscrit dans le protocole de sortie de crise.

Sauf que voilà, quatre mois plus tard, on est encore très loin du compte. Selon le site internet Les Jours, alors qu'une centaine de salariés a quitté la chaîne, seulement neuf personnes ont été embauché, cinq CDI et quatre CDD.

Une triste réalité qui pousse les syndicats à faire ce constat amer : "nous avons le sentiment d’avoir été trompés", mais aussi que "vous avez été trompé". Ce "vous", il s’adresse au Ministère du Travail et au CSA, qui avaient joué les arbitres à la fin du conflit.

D’autant que ces problèmes d’effectifs empêchent le bon fonctionnement de la chaîne.

CNews a un statut de chaîne d’information en continu. C’est ce que dit la convention qu’elle a signée avec le CSA. Un cahier des charges qui définit sa vocation, mais qui détermine surtout ses obligations. L’obligation par exemple d’offrir un "programme réactualisé en temps réel, couvrant tous les domaines de l’actualité", c’est l’article 3 de cette convention. Or dans les faits, l’antenne de CNews est encore beaucoup trop fragile pour permettre cette réactualisation. Dans les conditions décrites aujourd’hui, difficile voire impossible de jouer ce rôle. Et ça se voit à l’antenne. Le traitement de certains événements récents, comme l’attentat de Londres en est la preuve. Un événement traité avec peu de moyen et surtout avec beaucoup de retard sur ses principales concurrentes, BFM TV et LCI. Un retard à l’allumage révélateur des moyens dont dispose CNews pour travailler correctement.

Un article publié cette semaine sur le site Les Jours apporte quelques éclairages sur ce point. Un service politique composé seulement de quatre personnes, alors que nous sommes en pleine période de campagne électorale, un manque d’organisation qui oblige les journalistes à jouer les couteaux-suisses, une improvisation permanente, un "château de cartes", un "foutoir" selon certains témoignages. Une situation qui selon eux ne peut plus durer.

Concrètement, le CSA peut-il agir ?

Le CSA pourrait estimer qu'il a laissé suffisamment de temps au groupe Canal pour se remettre de l’épisode douloureux de la grève. Il pourrait aussi prétendre que le non-respect de sa convention impose des mesures rapides, des engagements fermes sous peine de sanctions. On n’en est pas encore à ce stade, mais la rencontre d’aujourd’hui avec les syndicats de salariés est un signal envoyé à la direction du groupe Canal.

D’autant qu’il y a un passif. Le dernier rendez-vous entre les dirigeants et le CSA remonte au 11 janvier. Il ne s’était pas bien passé. À ce moment, on nous soufflait que le CSA avait déjà fait preuve d’une certaine tolérance à l’égard d’une rédaction sinistrée. À cette époque, i-TELE pansait ses plaies. Elle était en pleine reconstruction. Mais l’autorité de régulation attendait des actes. Des actes qui tardent toujours à venir. La patience du CSA a ses limites.