Altercation entre Bernard de la Villardière et des jeunes de Sevran : qui dit vrai ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct
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Une séquence diffusée dans l'émission "Dossier Tabou" fait polémique. Chaque camp accuse l'autre de mauvaise foi sur les motifs de l'altercation.

L’info média du jour, c'est cette polémique qui n’en finit pas entre M6 et des jeunes de Sevran. La semaine dernière, la chaîne diffusait un reportage sur l’Islam en France. Et depuis plusieurs jours, le torchon brûle.

Tout commence le 28 septembre dernier avec la diffusion du premier numéro de "Dossier Tabou", sur M6. C’est le nouveau magazine d'info de Bernard de La Villardière. Pour cette première, il se penchait sur un sujet brûlant : la montée de l'Islam radical en France. Le journaliste et ses équipes se sont rendus notamment à Sevran, une commune de Seine-St-Denis, touchée par le départ de certains de ses jeunes vers la Syrie. Et une séquence choc diffusée à l’antenne a marqué les esprits. C’est une altercation entre Bernard de la Villardière et une bande de jeunes de Sevran. Le ton monte, s’ensuit une bousculade qui oblige les journalistes à interrompre le tournage.

Sur la forme, si la chaîne a fait le choix de diffuser cette séquence, c’est pour illustrer l’impossibilité de se rendre dans certains quartiers. Pour elle, il ne s’agit pas de sensationnalisme, mais d’un élément qui illustre à la perfection le titre de son émission : "Dossier tabou".

Mais cette semaine, les jeunes de Sevran ont apporté leur version des faits.

Il y a 2 jours, ils diffusent sur le site Internet BuzzFeed, ce qui ressemble à un droit de réponse. Preuve à l'appui, une vidéo de cette scène, prise au téléphone portable par l'un des leurs. Une vidéo qui tend à prouver que M6 n’a pas tout montré, que le montage déforme la réalité. Ils affirment que leur réaction a été provoquée par le comportement de l’équipe de tournage sur place. Bernard de la Villardière aurait été irrespectueux avec eux. Le journaliste ne les aurait pas salués en arrivant sur place, il les aurait snobés.

Suffisant selon eux pour bousculer l’équipe de M6. Ce qui leur reste en travers de la gorge et qui les a poussé à sortir de leur silence, c’est aussi la manière dont ils sont présentés dans ce reportage : "des salafistes et des dealers de drogue". Depuis la sortie de cette vidéo, de nombreux médias reprennent cette version des faits. Et c’est un peu "haro sur Bernard de La Villardière", qui se retrouve accusé d’avoir manipulé les images pour leur faire dire que certains quartiers sont interdits aux journalistes.

Mais hier, nouveau rebondissement dans cette passe d’armes : M6 a diffusé à son tour une nouvelle séquence, les rushs de ce tournage réalisé au mois d’avril. Une séquence qui tend à prouver que la version des jeunes de Sevran n’est pas exacte, que l’équipe a bel et bien salué la bande en arrivant sur place. Dans le même temps, depuis le Japon où il est actuellement en tournage, Bernard de la Villardière envoyait une longue lettre ouverte sur sa page Facebook. L’animateur s’en prend aux médias qui ont fait de lui de la chair à canon, mettant en cause sa déontologie. Il cible notamment Enora Malagré ou le site Internet de L’Express. Mais il rappelle qu’il continuera de se rendre partout, "sans amertume et sans tabou".

Invité(s) : Vincent Régnier, patron des magazines d'info du groupe M6